L’édito de Pierre De Vuyst : ce geste du roi Baudouin ne passerait plus aujourd’hui

La sortie d’une biographie très complète et truffée d’infos inédites sur le roi Baudouin nous a fait penser à l’événement le plus tendu de son règne long de 42 ans. En avril 1990, le cinquième roi des Belges a en effet refusé de signer la loi dépénalisant partiellement l’avortement, pour des raisons de conscience et de convictions religieuses. Ce qui a créé une crise constitutionnelle inédite. Pour résoudre ce dilemme, il a été déclaré « dans l’impossibilité de régner » pendant 48 heures, le temps pour le gouvernement de promulguer la loi à sa place et sans la royale signature. Comme on le découvre dans la biographie, Baudouin a bien compris lui-même qu’il déstabilisait l’État. Il a craint de devoir abdiquer et… partir en exil !
Il avait même fait évacuer ses effets personnels de Ciergnon en prévision. Ce seul écart au cours d’un règne exemplaire, un Souverain belge ne pourrait plus le faire aujourd’hui. Et là où le CVP a tout fait pour protéger le chef de l’État, Wilfried Martens mouillant le maillot en personne, on n’imagine pas la N-VA et le Premier De Wever faire de même. Ce genre de scrupule royal ne pourrait plus être accepté en ces temps incertains ni même pardonné. Il en irait de la survie de la monarchie. Le roi Philippe l’a bien compris. Pour l’historien Vincent Dujardin, de toute la Dynastie, Philippe est le roi le plus soucieux de rester dans le cadre de ses prérogatives. Et même le républicain De Wever a dû concéder qu’il n’avait rien à lui reprocher…









