L’édito de Benoît Franchimont : inondations en région liégeoise, tout pourrait recommencer

Les intempéries du dernier week-end ont rappelé de mauvais souvenirs aux habitants de la vallée de la Vesdre. Les pompiers ont tiré la sonnette d’alarme : les moyens manquent. Les universitaires aussi s’inquiètent. Dans un article publié en mai dans la revue de l’Université de Liège, plusieurs scientifiques estiment que, cinq ans après les grandes inondations, tout pourrait recommencer… « Au niveau politique, l’action liée à l’urgence retombe. Le risque est de se retrouver face à une situation similaire sans avoir évolué de manière systémique », pointe la professeure d’architecture Martina Barcelloni Corte, l’une des principales scientifiques actives sur le terrain auprès des communes touchées.
C’était il y a 5 ans déjà. Un déluge s’abattait sur l’est de la région liégeoise, provoquant, le 14 juillet 2021, des inondations d’une ampleur inédite, entraînant la mort de 39 personnes et des destructions sans précédent. En trois jours, entre 150 et 300 litres d’eau sont tombés sur chaque mètre carré du bassin versant de la Vesdre. Selon les probabilités basées sur le climat du passé, un tel événement ne devait se reproduire que tous les 400 ans.
Aujourd’hui, l’ULiège a calculé qu’une catastrophe climatique similaire pourrait ressurgir une ou deux fois d’ici à 2050 ! Les normes ont été adaptées et beaucoup de travaux déjà effectués, mais des erreurs ont pu être commises, comme un curage forcené à certains endroits, ce qui pourrait… accélérer le débit de la rivière ! Dans une simulation numérique, l’ULiège montre où se trouvent les zones les plus à risques et propose des solutions, notamment des sites d’expansion des crues dans des zones inhabitées ou des idées efficaces simples (implanter des mares et des haies sur le plateau de Herve permettrait de réduire de plus de 50 % le débit maximum à la sortie du bassin versant). Mais il faut des moyens et de la volonté politique pour y arriver. Continuer à s’appuyer sur les travaux de ces chercheurs (et les financer) doit rester une priorité, même cinq ans plus tard.









