Marc Ysaye et ses grands classiques du rock : « Whole Lotta Love »

Le titre avec lequel le groupe va conquérir le monde. « Whole Lotta Love » emprunte surtout au blues et a réussi l’exploit de faire d’un titre de 6 minutes le morceau de référence de toute une génération d’ados en 1970. Il y avait tout : voix surpuissante, guitares et riff imparable, batterie hallucinante et basse avec un son et un groove incroyable, le tout avec une inventivité jamais entendue jusque-là, notamment avec le passage instrumental ponctué par la voix de Robert Plant qui simule un coït.
C’est chez lui, à Pangbourne, en août 1968, que Jimmy Page peaufine le riff culte de « Whole Lotta Love », apparu pendant une jam avec les Yardbids : « On trouvait ce riff addictif, comme quelque chose d’interdit. »

Environ neuf mois plus tard, en avril 1969, c’est cette chanson qui a donné le coup d’envoi des sessions d’enregistrement de l’album « Led Zeppelin II » aux Olympic Studios de Barnes.
Un riff de légende
À l’origine, le morceau s’articulait autour du riff imparable de trois notes de Page, qui se terminait par un mi à l’octave, et d’accords descendants utilisant un écho à l’envers. D’autres doublages ont été ajoutés aux A&M Studios à Hollywood. La touche finale a été apportée lors d’une session de mixage marathon aux A&R Studios de New York, les 29 et 30 août. Eddie Kramer, reconnu pour son travail avec Jimi Hendrix, a supervisé cette session aux côtés de Jimmy Page : « Le truc avec Jimmy, c’est qu’on aimait bien laisser passer les petites erreurs, les improvisations, tout ça ajoutait à l’ambiance générale. Du coup, sur “Whole Lotta Love”, Jimmy a laissé cette toux au début », se souvient Kramer. Puis, dans la partie chantée par Robert Plant, dans la phrase « Way down inside », que je ne traduirai pas…, ils se sont rendu compte qu’il y avait une piste vocale précédente qu’ils n’arrivaient pas à effacer. Page et Kramer ont monté la réverbération à fond et l’ont laissée telle quelle avec ces deux phrases de Plant que l’on entend déjà « avant » qu’il ne les chante ! Une grossière erreur ? Non ! Une géniale erreur !
Au niveau des paroles, le morceau s’inspirait largement de « You Need Love » de Willie Dixon enregistré par Muddy Waters en 1962. Robert Plant, responsable du plagiat du texte, confessera : « On a estimé que ce morceau, “You Need Love”, était tellement éloigné dans le temps et en termes d’influence que… euuh voilà ! On ne se fait repérer que lorsqu’on a du succès », ajoute Plant. « C’est comme ça que ça marche. »
Ça s’appelle aussi la méthode « pas vu pas pris ».
Willy Dixon obtiendra gain de cause contre Led Zeppelin en 1985 dans un procès pour le paiement de ses droits d’auteur. À la suite d’un accord à l’amiable, le nom de Dixon sera ajouté aux crédits d’auteur-compositeur. À la fin du morceau, Plant a également glissé des vers tirés des titres « Shake For Me » et « Back Door Man » de Dixon.
« Whole Lotta Love » a été joué pour la première fois en concert pendant leur deuxième tournée américaine, lors d’un spectacle au Winterland Ballroom de San Francisco, le 26 avril 1969. Led Zep a également interprété ce morceau lors de son concert en première partie des Who à Columbia, dans le Maryland, le 25 mai 1969. En juin 1969, le groupe l’a présenté en avant-première lors d’une session à la BBC, mais ne l’a plus joué avant 1970, à partir de là il est devenu un élément incontournable de leur répertoire.









