Un chien pour sortir de la dépression

Un chien pour sortir de la dépression

Quand elle s’est retrouvée, incapable de bouger, sur le sol de sa cuisine, Julie Barton n’a pas compris ce qui lui arrivait. Pour cette jeune femme de 22 ans qui travaille dans une maison d’édition à New York, la coupe est pleine. Pleine d’angoisses, de mésestime de soi, de peurs diffuses et d’idées noires. Elle a enfoui, au plus profond d’elle, des années de terreur diligentée par un frère aîné violent qui l’a traitée comme si elle était la pire des choses qui lui soit arrivée. Mais ce jour-là, Julie ne s’en rend pas encore vraiment compte. Le diagnostic rapide et direct d’une psychiatre qui donne un nom à sa souffrance, “dépression profonde”, sera le début du cheminement ardu qu’elle devra accomplir pour retrouver le goût à la vie. Mais, contre toute attente, ce ne sont pas tant les hommes ni les professionnels de la santé qui vont la sortir de sa dépression, mais Bunker, un formidable golden retriever. Il sera sa bouée de sauvetage et va progressivement lui permettre de modifier sa perception de la vie, d’elle-même et des autres. Cette histoire, Julie Barton l’a racontée dans un livre, “Dog médecine”, qui vient de paraître aux éditions Belfond. Comment explique-t-on qu’une personne puisse ainsi sortir de son état dépressif grâce à son chien ? Selon le Dr Francesco Bernardini, psychiatre à l’Hôpital Erasme, à Bruxelles, plusieurs raisons peuvent être avancées qui ne doivent pas nous faire oublier que la dépression est une véritable maladie qu’il convient d’abord de prendre en charge par le biais d’une thérapie et/ou de médicaments. « Je propose ensuite souvent à mes patients en période de rémission, qui sont en train de “récupérer”, de prendre un chien. Ceux qui en ont déjà un ne manquent jamais de me dire combien la présence de leur protégé leur fait du bien », explique le médecin. Les thérapies qui se basent sur l’interaction qui existe entre l’homme et l’animal sont connues depuis les années 1960. On a commencé à les utiliser davantage dans les années 1990, car on a vu que le contact qui s’établissait entre l’homme et l’animal était quelque chose de tout à fait spécial, fait de jeux, de caresses, de bonne humeur, d’amusement et d’empathie et ce, quel que soit l’âge de la personne. Chiens, chats, lapins, chevaux, ânes et dauphins font partie des espèces les plus prisées à cet égard. Les thérapies réalisées à l’aide des animaux permettent aux patients de retrouver le goût de la vie, du plaisir et du contact avec les autres êtres vivants. Les personnes dépressives, mais aussi celles qui souffrent d’autisme, de troubles de l’humeur ou d’autres pathologies psychiatriques peuvent y avoir recours : l’animal est un véritable vecteur de plaisir et s’il était plus souvent prescrit, nul doute que les mutuelles feraient des économies !

Julie Barton en compagnie de Bunker, son golden retriever.
Julie Barton en compagnie de Bunker, son golden retriever.

Mieux que les pilules : les bêtes !

■ « Les chiens jouent un rôle positif dans la vie des gens qui souffrent de problèmes de santé physique ou mentale, nous dit le Dr Francesco Bernardini. La raison principale de cet effet bénéfique tient à l’amour inconditionnel que le chien, qui ne demande rien en retour, voue à ses maîtres. Pour les personnes qui se sentent isolées, les animaux constituent aussi de merveilleux compagnons, qui pardonnent facilement les sautes d’humeur. »

■ Les chiens aident les personnes à se maintenir actives. Il faut les nourrir, les soigner, les emmener en promenade, leur parler. Tout cela est très motivant. Les balades font du bien aux chiens et à leurs maîtres : le contact avec la nature, l’exercice physique, le grand air… sont des éléments positifs et revigorants.

■ « Les personnes qui souffrent de problèmes de santé mentale, plus particulièrement les dépressifs, ne parviennent généralement plus à structurer leurs journées. La présence d’un chien ou d’un chat, dont on a la responsabilité, qu’il faut nourrir et sortir plusieurs fois par jour, à des heures régulières, les aide à structurer leur emploi du temps », nous explique le Dr Bernardini.

■ Plusieurs études ont démontré que la présence d’un animal réduisait le facteur stress chez les humains. Ceux qui possèdent un animal de compagnie présentent un niveau d’anxiété et même de tension artérielle nettement moins élevé.

■ Les animaux, souvent drôles et affectueux à la fois, participent de manière générale au maintien de notre bonne humeur.

■ Le chien que l’on promène constitue une source de relations sociales : des liens s’établissent grâce à lui. Les promeneurs s’extasient sur la petite boule de poils qui déferle à leurs pieds et la conversation s’engage aussitôt… « C’est une très belle occasion pour les personnes dépressives qui ont besoin de renouer des contacts », observe le psychiatre.

 
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