La campagne choc pour alerter sur l’augmentation des violences conjugales pendant le Mondial (vidéo et photos)

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© Neil Raja - National Centre For Domestic Violence

Face à la Colombie, les Anglais ont gagné. Une victoire arrachée aux tirs au but qui les qualifie pour les quarts de finale de la Coupe du monde russe. Selon une étude menée par l’université de Lancaster en 2013, les violences conjugales auraient néanmoins augmenté de 26 % sur le sol du Royaume-Uni ce mardi 3 juillet entre 20h et 23h.

Le poids des chiffres…

Et encore, la victoire de la bande à Harry Kane serait une aubaine pour les femmes anglaises : si les Three Lions avaient perdu, le chiffre serait passé à 38 %. Une statistique effarante qui met en lumière la corrélation entre matchs de foot et violences domestiques.

Ces pourcentages, on les doit à une étude qui a analysé les trois premières Coupes du monde du 21e siècle : à savoir en 2002, 2006 et 2010. Les chiffres sont limpides, comme le relaye le Huffington Post  : 79,3 incidents sont enregistrés par la police lors des matchs, contre 58,2 lorsqu’il n'y a pas de rencontre internationale à la télé. Et le lendemain du match, les femmes ne sont pas plus à l’abri : les violences conjugales sont toujours 11 % plus élevées que lorsque l’équipe anglaise n’a pas foulé la pelouse.

… Et le choc des photos

Jusque-là, il ne s’agit que de statistiques. Pour une prise de conscience totale du problème, une campagne poignante était nécessaire. Le Centre national de la violence domestique s’en est chargé. Avec l’aide d’une agence londonienne, l’association anglaise a publié plusieurs clichés d’une clarté absolue.

Ici, les blessures des femmes violentées se muent en drapeau national : Japon, Suisse, Angleterre… Des pays utilisés pour leur efficacité photographique uniquement puisque le CNVD rappelle que « dans le monde entier, les violences domestiques augmentent durant la Coupe du monde ». « Si l’Angleterre est battue, elle le sera aussi », peut-on lire en légende.

Les autorités au taquet

Dans une vidéo publiée ce mardi 3 juillet (à retrouver plus haut dans cet article), le média Loopsider assure que les forces de l’ordre prennent ce phénomène à bras-le-corps. Des mesures supplémentaires ont été prises pour l’édition 2018 du Mondial. Le Huffington Post, qui cite The Independent, assure que les effectifs de police anglais ont par ailleurs été renforcés pour le mois de compétition.

L’origine du problème

Mais comment diable expliquer cette augmentation des violences domestiques lors des soirs de match ? Plusieurs causes sont avancées par les chercheurs de l’université de Lancaster : la consommation d’alcool est pointée du doigt, tout comme la chaleur exacerbée des mois d’été.

Katie Ghose, membre de l’association Women’Aid interviewée par le quotidien britannique, met également en avant « les attitudes sexistes (…) durant les matchs, qui renforcent un environnement dans lequel les femmes sont rabaissées ». Bien sûr, tous les supporters masculins ne doivent pas être logés à la même enseigne. Le football n’est pas mis en cause. Ce sont bien les hommes violents qui sont à l’origine du mal.