Des femmes aussi désirantes que les hommes

Des femmes aussi désirantes que les hommes

Combien de femmes ne disent-elles pas que leur jouissance est intimement liée aux sentiments qu’elles éprouvent pour leur partenaire? Et s’il est vrai que l’orgasme lui-même est influencé par le sentiment amoureux et la complicité émotionnelle, il est tout aussi vrai que la sentimentalité de ce plaisir féminin est le fruit du conditionnement séculaire subi par les femmes.

Longtemps, notre société leur a appris à se montrer respectables pour pouvoir être conduites à l’autel, mariées et mises à l’abri des besoins matériels. Durant des siècles, notre culture a conditionné les femmes à être des épouses fidèles et des mères dévouées. Tout comme elle a conditionné les hommes à devenir des mâles sans sentiments, dotés d’importants besoins sexuels et d’un désir aussi mécanique que non sentimental. Heureusement ces conceptions ancestrales ont été ébranlées par les mille et un changements de société : de la perte du pouvoir religieux et la sécularisation de la société aux revendications féministes en passant par la découverte de la contraception, l’accès au travail des femmes, les salaires émancipateurs, le déclin de l’institution du mariage, l’égalité dans le couple, la montée de l’individualisme ou la lutte contre le patriarcat…

Les comportements sexuels ont ainsi (heureusement) changé mais on ne se débarrasse pas pour autant complètement de ce dressage ancestral. Et beaucoup de femmes continuent à dire leur désir à travers les émotions et beaucoup d’hommes à exprimer leurs émotions par le sexe. Elles n’ont pas forcément tort car plaisirs et sentiments sont intimement liés ; une étude a montré, images médicales à l’appui, que l’orgasme lui-même est impacté par l’intensité des sentiments amoureux et l’intimité émotionnelle.

Cependant les femmes sont bien plus sexuelles qu’elles ne veulent bien le reconnaître. A ce titre, Meredith Chivers qui travaille aujourd’hui à l’université de Queens en Ontario, mena une intéressante étude qui montra que les femmes réagissaient physiquement aux stimuli sexuels comme les hommes et même davantage. En 2005, la sexologue canadienne présenta des films sexuels à dix-huit femmes et dix-huit hommes, tous hétéros pour se rendre que les femmes réagissaient physiologiquement aussi vite que les hommes aux scènes sexuelles. Elles étaient aussi vite excitées que les participants masculins ! De plus elles étaient excitées à toutes les scènes sexuelles montrées, même celles qui présentaient des ébats bonobos alors que les hommes n’entraient pas en érection face à ses coïts animaliers…. Pourtant quand elles sont interrogées, les femmes disent qu’elles sont davantage excitées par des scènes allusives, suggestives plutôt que par des films explicites…. Voilà de quoi chambouler bien des conceptions millénaires. Meredith Chivers l’apprit à ses dépens, elle dont l’étude fut si critiquée qu’elle choisit de quitter les Etats-Unis pour travailler au Canada…..

 
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