Quand Michel Cymès parle de sexe

Quand Michel Cymès parle de sexe

Tout en pédalant, dûment casqué et protégé, il le reconnaît d’emblée : il pense au sexe toutes les 28 minutes. Comme tant d’hommes. Mais les confidences passées, Michel Cymès laisse la parole à quelques Français et Françaises qui souffrent dans leur intimité. Il y a d’abord Jean qui ne peut plus aimer Marie-Christine comme il le désire depuis son cancer de la prostate qui empêche toute érection. Il y a Vanessa qui malgré son amour si fort pour son compagnon ne s’épanouit pas dans l’intimité car elle souffre d’endométriose, cette maladie gynécologique qui transforme toute tentative de coït en séance de torture. Et puis il y a Léanie qui depuis si longtemps ne se reconnaît pas dans son corps d’homme et veut devenir la femme qu’elle sait être.

Ces hommes et ces femmes se livrent à Michel Cymès, disent leurs problèmes et rythment ces « Aventures de médecine » consacrées à la sexualité. Progressivement, au fil des deux heures d’émission, on découvre combien la médecine et en particulier la chirurgie va les aider à dépasser les souffrances endurées. Alors que durant certains siècles, l’art de soigner prit le relais de l’Église pour condamner nombre de pratiques sexuelles, à commencer par la masturbation, désormais la médecine participe au bien-être sexuel. Ainsi Jean bénéficiera d’un implant pénien, Vanessa sera libérée chirurgicalement des affres de sa maladie et Léanie sera dotée d’un sexe de femme. Les opérations sont pudiquement montrées, expliquées à l’aide de schémas et images. Michel Cymès se rend dans les blocs opératoires et assiste aux gestes qui changent des vies. Il rencontre patients et chirurgiens, interroge les premiers sur les vécus et ressentis, questionne les seconds sur les gestes posés, les risques et avantages des opérations. Mais il cède aussi la parole à des historiens car entre les témoignages humains et les gestes chirurgicaux, des spécialistes de l’histoire de la sexualité nous racontent quelques-uns de ses personnages phares. Il y a ainsi Margaret Sanger, cette infirmière américaine qui se battit pour offrir des informations contraceptives aux femmes qu’elle avait découvertes épuisées par des grossesses successives, si ce n’est tuées. Margaret Sanger fut souvent condamnée par la justice new-yorkaise mais continua son combat, ouvrit des centres de planning familial et à la fin de sa vie acheva de convaincre le docteur Pincus de mettre au point un contraceptif hormonal ! La pilule allait naître qui libéra les femmes des craintes de grossesse non désirée. Il y a encore le portrait de la première femme transgenre, Dora Richter, qui elle aussi dut se battre dans les années trente pour s’offrir le corps de la femme qu’elle était. Un médecin allemand, Magnus Hirschfeld, comprit le malaise de celle qui était née garçon au sein d’une famille paysanne de six enfants. Le docteur Hirschfeld organisa la première opération trans de l’histoire. L’émission évoque encore les travaux de Masters et Johnson, ceux d’Alfred Kinsey ou du docteur Virag qui découvrit que les injections de papavérine dans la verge offraient des érections.

Autant de facettes qui rendent ces « Aventures de médecine » passionnantes tant à un niveau humain que médical ou historique. On regrettera sans doute que la dimension psy ne soit pas abordée. La sexualité ne se réduit pas à une affaire d’érection ou de coït.

France 2, 21 heures, Aventures de médecine : La Sexualité dans tous ses états.

 
  • Il y a 80 ans: la Belgique occupée

    Les soldats de la Wehrmacht hissent le drapeau nazi sur le toit du château royal de Laeken.

    Après la campagne des 18 jours, notre pays est envahi par l’armée allemande. D’abord effrayée, la population se fait peu à peu à l’idée d’intégrer un Reich censé durer 1.000 ans... Et ne manquez pas la suite de notre série : le 7 octobre, la Résistance. Le 15 octobre, la Collaboration.

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