Césars : les stars font une tribune pour plus de diversité et les féministes une contre-cérémonie (vidéo)

Césars : les stars font une tribune pour plus de diversité et les féministes une contre-cérémonie (vidéo)
BelgaImage

Pour les Césars, il s’agit encore d’un mercredi noir ! A peine une polémique passée qu’une autre vient la remplacer. Ce 26 février, ce sont même deux manifestes qui ont été rendus publics. La première est signée par une série de célébrités avec une tribune dénonçant le manque de diversité dans le cinéma français. La seconde est quant à elle le fait de militantes féministes qui ont décidé, ni plus ni moins, d’organiser une contre-cérémonie dénommée les « Tocards 2020 ». Aujourd’hui, elles peuvent déjà se prévaloir d’une victoire sur leur cible principale  : Roman Polanski.

Pour des minorités visibles et non stigmatisées

La tribune, tout d’abord, est soutenue par des personnalités comme Mathieu Kassovitz, Sonia Rolland ou encore Aïssa MaIga. Ils sont plus d’une trentaine au total à dénoncer « l’invisibilité des acteurs, réalisateurs et producteurs » de couleur, qu’ils soient originaires des départements d’outre-mer ou de l’immigration. Leur déclaration, publiée dans « Le Parisien », veut corriger l’absence de leur voix dans la tribune publiée dans « Le Monde » et ayant abouti à la démission de la direction des César.

Sous la plume de l’acteur français d’origine camerounaise Eriq Ebouaney, ils appellent à « l’adoption de mesures d’inclusion » : « Le cinéma est un puissant outil de transmission d’une culture, un outil de facilitation de l’intégration des populations de notre pays. Il est aussi un outil de transmission de valeurs communes partagées d’une société. Notre cinéma devrait donc être, comme Stendhal le disait du roman, un miroir dans lequel se reflète la société dans sa réalité et sa diversité. […] Il n’est plus question, pour tous les professionnels du cinéma issus des immigrations et d’outre-mer, d’être assignés aux rôles secondaires et stéréotypés auxquels on les a longtemps cantonnés. Il est temps d’ouvrir les portes et les fenêtres du cinéma français. Car le talent, comme l’émotion, n’a pas de couleur ».

Les prix de la « Contre-Académie »

Au même moment, une autre contestation émane de collectifs féministes. Cette fois-ci, il s’agit plus de critiquer une cérémonie qui met à l’honneur Roman Polanski, accusé d’agressions sexuelles par plusieurs femmes. Pour « faire entendre leurs colère et indignation », ces militantes vont donc publier sur Youtube une contre-cérémonie ce jeudi 27 février. Elles y parodient les César avec un prix de la pédocriminalité, de l’impunité, de la misogynie…

« En refusant de prendre position sur la question cruciale des violences sexistes et sexuelles, l’académie des César est de facto complice de ces agissements », dénonce la « Contre-Académie » dans un communiqué. D’autres organisations vont quant à elles manifester directement devant la salle Pleyel où seront organisés les César. Une annonce ce jeudi devrait les ravir : Roman Polanski renonce à venir assister à l’événement. Cela dit, il n’est pas du tout certain que la gronde s’arrête pour autant.

 
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Signé Stéphane Bern