«Ecœurée» : Florence Foresti claque la porte en pleine cérémonie des César (vidéos)

«Ecœurée» : Florence Foresti claque la porte en pleine cérémonie des César (vidéos)
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C’est avec un seul et unique mot qu’elle a résumé la cérémonie sur son compte Instagram : « Ecœurée ». L’humoriste, qui n’avait décidément pas envie de rire, avait ses raisons. Peu avant, elle découvrait avec effarement que Roman Polanski, accusé de viol, a reçu le prix du meilleur réalisateur aux César, lors de la cérémonie qu’elle animait. Après avoir introduit un nouveau prix, elle est ainsi partie de la scène, le visage fermé. On ne la reverra plus. Selon des informations confirmées par « Le Parisien », elle a tout bonnement refusé de clôturer la cérémonie, par dégoût.

Les coups de gueule de Foresti

A plusieurs reprises pendant la soirée, elle a toutefois profité de son rôle pour dénoncer, indirectement, cet état de fait. Surnommant Roman Polanski d’« Atchoum », elle s’est permise de lui lancer quelques piques : « Vous savez de qui je parle. Ne faites pas comme lui, ne faites pas les innocents. [...] J’ai décidé qu’Atchoum n’était pas assez grand pour faire de l’ombre au cinéma français », dit-elle par exemple.

Elle a aussi fait remarquer le manque de représentation des femmes comparé aux hommes, toujours avec un discours décalé : « Certaines catégories ne sont pas représentées. Et pourtant, ils sont 1,5 million en France: les chats ! Les Rintintin et tout ça, il y en a, mais je trouve que cela manque de chattes dans le cinéma français ». D’autres passages sont encore plus directs : « La nudité ne va pas à tout le monde. Weinstein habillé, c'est sans doute moins dégueulasse. Conseil aux futurs prédateurs: restez habillés ».

Une sortie remarquée

Florence Foresti est loin d’avoir été la seule à se révolter contre la récompense de Roman Polanski. Alors que le prix du meilleur réalisateur lui est décerné, Adèle Haenel quitte la salle en compagnie de plusieurs autres personnes dont la réalisatrice Céline Sciamma. Une fois sortie, elle aussi ne peut contenir sa colère : « Bravo la pédophilie », s’énerve-t-elle devant les caméras installées dans les couloirs. Avant la cérémonie, elle avait déclaré au « New York Times » que « distinguer Polanski, c’est cracher au visage de toutes les victimes. Ça veut dire : "ce n’est pas si grave de violer des femmes" ».

Sa réaction a été partagée par toute une série de personnes présentes, dont Swann Arlaud, meilleur second rôle pour « Grâce à Dieu » : « Je comprends la réaction d’Adèle Haenel quand elle a quitté la salle après l’annonce du prix. Comment ne pas la comprendre après avoir tourné Grâce à Dieu qui évoque les victimes de la pédophilie ? Je n’en reviens pas de ce qui se passe », dit-il à « 20 Minutes » alors que Nicolas Bedos, s’est contenté de dire : « en tant qu’homme, je ne me sens pas le droit de réagir ».

Même le ministre de la Culture, Franck Riester, a voulu donner son avis sur le sujet avant la cérémonie : primer Roman Polanski « serait un symbole mauvais par rapport à la nécessaire prise de conscience que nous devons tous avoir dans la lutte contre les violences sexuelles et sexistes », dit-il. Roman Polanski, seulement soutenu par de rares personnalités comme Brigitte Bardot, Fanny Ardant ou le réalisateur de son film « J’accuse » Alain Goldman, a dû se sentir bien seul hier soir. Pour rappel, il avait décliné l’invitation aux César la veille, étant au centre de nombreuses critiques.

 
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