Covid-19: les distilleries se reconvertissent en usines à gel hydroalcoolique

Covid-19: les distilleries se reconvertissent en usines à gel hydroalcoolique
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Pour se faire beaucoup d’argent, la clé a toujours été de s’adapter au marché. Cette règle d’or a manifestement été apprise par beaucoup de distilleries à travers le monde. Si elles peuvent déjà se réjouir de la consommation de leurs produits lors des nombreux apéros organisés en famille, elles comptent profiter au maximum de la situation. Comment ? En convertissant l’alcool à boire en gel hydroalcoolique (ou équivalent).

L’alcool tue (autant le coronavirus que les humains)

Le principe est simple : l’éthanol, à très haute dose, permet de détruire les protéines protectrices des coronavirus. C’est d’ailleurs ce qui permet aux produits de nettoyage de détruire nombre d’organismes indésirables. Vu que le gel hydroalcoolique se fait rare, pourquoi ne pas tout simplement utiliser l’alcool produit en distillerie pour faire la même chose ?

Attention, il n’est pas question de faire comme plusieurs dizaines d’Iraniens qui ont conclu que boire de l’alcool extra-fort permettrait de les prémunir contre le Covid-19. Ils ne savaient pas que cela ne marchait pas à l’intérieur du corps et cela leur a coûté la vie. Ici, le but est plutôt d’utiliser l’alcool et de le mélanger à d’autres substances pour avoir un produit final très proche du gel qui permet de nettoyer les surfaces et les mains.

De l’Alsace aux Etats-Unis en passant par l’Irlande

Plusieurs entreprises ont donc sauté sur cette nouvelle opportunité. En Irlande, la distillerie Listoke près de Dublin a ainsi produit 2.000 litres d’un « gin très très fort », dont la consommation est d’ailleurs « absolument déconseillée », pour faire du gel fait maison. « Le gin pour le réconfort, le gel pour l'hygiène », dit un membre du personnel en plaisantant à l’AFP.

Cette entreprise n’est pas du tout la seule à avoir flairé la bonne affaire. Le même principe est repris par la distillerie de schnaps Romann à Sigolsheim, en Alsace (l’une des régions les plus touchées par le Covid-19 en France), la société Ricard en Provence avec un don de 70.000 litres d’alcool pur, par les distilleries des Etats américains du Maryland, de Pennsylvanie, du New Jersey ou encore de l’île de Porto Rico.

Une petite précision toutefois : si l’alcool concentré permet de tuer le coronavirus, il attaque aussi la peau s’il est trop souvent utilisé. Les gels hydrolcooliques peuvent ainsi détruire la flore cutanée protectrice s’ils sont trop souvent utilisés. Au lieu de protéger, ceux-ci pourraient alors produire l’effet inverse, surtout pour les peaux sensibles. Le savon s’avère donc être la meilleure arme pour se prémunir du Covid-19.

 
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Signé Stéphane Bern