TF1 accusée de racisme à cause d’un épisode de «Joséphine, ange gardien»

TF1 accusée de racisme à cause d’un épisode de «Joséphine, ange gardien»
BelgaImage

La première chaîne française aurait-elle des préjugés sur les Maghrébins ? C’est la question qui fait rage sur les réseaux sociaux au vu de la description d’un ancien épisode de la série « Joséphine, ange gardien », disponible sur la plateforme en ligne de TF1. Un terme fait particulièrement réagir : « beurette ».

Le mot de trop

L’épisode en question est intitulé « Yasmina » et voici le résumé qui en est fait sur « MyTF1 » : « Joséphine vient en aide à Yasmina, une jeune maghrébine qui rêve d'intégrer Privela, une grande entreprise de cosmétiques. Mais le profil de Yasmina, beurette issue de banlieue ne cadre pas tout à fait avec celui des autres candidats, issus des grandes écoles et de bonne famille. Alors, Yasmina commence à mentir sur ses origines ».

Le terme « beurette » est ici accusé d’être empreint de racisme et de nombreux internautes ont condamné son utilisation par TF1. « Le mot "beurette" est un terme péjoratif et raciste beaucoup trop banalisé de nos jours », écrit par exemple l’un d’entre eux.

Pour le comprendre, il faut retourner à son origine. A la base, le terme « beur » a été surtout utilisé lors des protestations dans les années 1980 qui dénonçaient en France les crimes racistes impunis et la répression policière disproportionnée contre les minorités, notamment maghrébines. Les médias et politiques de l’époque ont alors surnommé le mouvement « la marche des Beurs », du fait du mot verlan pour « arabe ». Si le mot « beur » fait moins polémique, le féminin « beurette » n’a jamais été accepté puisqu’il est plusieurs fois brandi pour désigner une femme originaire du Maghreb qui se libérerait de ses origines, et souvent libertine.

« C’est surtout un terme ancien très typé années 1980 », explique Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’institut Ifop sur CNews. « Mais moi, ce qui me frappe lorsque je travaille dans des enquêtes d’opinion représentatives des conversations des Français, c’est l’indifférence sur ce type de polémique qui électrise pourtant Twitter ». La chroniqueuse Elisabeth Lévy présente face à lui, connue pour ses opinions très à droite, a quant à elle critiqué ce qu’elle qualifie de « folie furieuse » des mouvements antiracistes après cette polémique. Une bonne partie des internautes, en tout cas, ne semble pas partager son opinion.

 
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Signé Stéphane Bern