Turkménistan: l’étrange cérémonie pour inaugurer une géante statue en or du chien préféré du président (vidéo)

Turkménistan: l’étrange cérémonie pour inaugurer une géante statue en or du chien préféré du président (vidéo)
BelgaImage

Généralement, les grandes statues représentent des hommes et des femmes qui ont marqué l’histoire d’un pays, ou une allégorie de la liberté par exemple. Au Turkménistan, le choix a été plutôt de créer une immense statue… d’un chien, un berger d’Asie Centrale pour être précis ( « Alabai » selon la langue locale). Ce choix n’est pas dû au hasard puisqu’il s’agit ni plus ni moins de la race préférée du président Gurbanguly Berdimuhamedow. De ce fait, les Turkmènes n’ont pas lésiné sur les moyens, que ce soit de par les caractéristiques de la sculpture ou avec la cérémonie d’inauguration qui peut en déconcerter plus d’un.

Gloire à l’Alabai !

A s’y méprendre, le rassemblement organisé pour l’occasion avait des airs de Corée du Nord. La télévision d’Etat était présente sur place pour diffuser les images de dignitaires du régime et d’animateurs qui fêtaient cette inauguration en plein milieu d’un nouveau quartier de fonctionnaires de la capitale Achgabat. Le projet représente donc un peu la « patte » du président, comme pour rappeler à ses sujets qu’il est capable d’édicter la construction d’une statue aussi insolite soit-elle, tant qu’il le désire. Et comme si ce n’était pas assez bizarre, la sculpture est placée sur un socle qui montre des images attendrissantes du fameux Alabai.

Le président, présent lors de l’inauguration, a pu en même temps profiter de chants d’enfants et de danses traditionnelles célébrant cette nouvelle réalisation du pouvoir. Le fils de Gurbanguly Berdimuhamedow, depuis peu ministre de l’industrie et de la construction, a d’ailleurs été en charge du projet de quartier.

Depuis quelques années, la glorification de l’Alabai est de plus en plus marquée sous l’impulsion du président, au point de concurrencer le cheval Akhal Teke qui est intimement lié à l’histoire locale. Gurbanguly Berdimuhamedow a par exemple écrit un livre consacré à ce chien en 2019 et il le glorifie dans les médias. Mais il ne s’agit pas de la première fois que le dirigeant turkmène se distingue pour ses idées. Il s’est par exemple fait applaudir en Conseil des ministres alors qu’il soulevait une barre à la manière d’un haltérophile, s’est donné en représentation en train de rapper avec son petit-fils non loin de la mer, et avait ordonné qu’une immense statue le représente glorieux sur un cheval Akhal Teke. Selon l’indice de démocratie établi par l’Economist Intelligence Unit (EIU), le Turkménistan est l’un des pays les moins démocratiques du monde. Il y est seulement dépassé par cinq Etats : le Chad, la Syrie, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo et la Corée du Nord.

 
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Signé Stéphane Bern