«19 propos discriminants» par émission des «Grosses têtes»: la riposte s’organise chez RTL

«19 propos discriminants» par émission des «Grosses têtes»: la riposte s’organise chez RTL
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Le bilan est accablant : « 159 propos sexistes, 66 déclarations homophobes et transphobes, 51 déclarations racistes, 29 déclarations grossophobes ». Voilà le décompte fait sur un seul mois d’écoute des « Grosses Têtes » par l'association des journalistes lesbiennes gay bi trans et intersexe (AJL), comme le montre une étude publiée ce mardi. Si on prend la moyenne, cela équivaut à 19 propos discriminants par émission, avec au moins des déclarations sexistes dans la totalité des émissions. Depuis, Laurent Ruquier et son équipe sont au cœur de la tempête. Mais s’ils sont fortement critiqués, certains les soutiennent, et pas par n’importe qui.

L’humour brandi comme justification

Ce mardi, l’AFP avait tenté d’obtenir la réaction de Laurent Ruquier, sans succès. RTL s’était alors contenté de dire que le groupe avait « confiance dans le jugement de [ses] auditeurs ». Mais il n’a pas fallu attendre longtemps avant que des membres imminents du géant de la radio ne se montre plus bavard. Rapidement, Nicolas de Tavernost, le PDG du groupe M6 (détenu par RTL), s’est exprimé à ce sujet sur Twitter en faisant l’éloge du programme : « Depuis 43 ans, “Les Grosses Têtes” c’est de la bonne humeur, de l’humour et des sociétaires différents représentant toute la diversité de notre société: c’est tout cela qui en fait l’une des plus belles audiences de la radio ». Régis Ravanas, directeur général des activités audio du groupe, est lui aussi monté au front pour défendre l’émission. « Sur RTL, l’humour est une solution, pas un problème. Merci à Laurent Ruquier et ses “Grosses Têtes” qui font rire tous les jours des millions de Français ! », écrit-il, lui aussi sur Twitter.

Côté personnalités, l’animateur Marc-Olivier Fogiel (qui était il y a encore peu sur RTL) a réagi en soutenant son ami : « Bravo Laurent Ruquier: savoir rire de tout et de tout le monde... ça fait du bien... ». Les participants de l’émission ont également réagi, dont Jean-Marie Bigard : « Notre famille de Grosses Têtes est attaquée. Je suis triste car c’était le dernier espace de liberté que nous avions... Rire, c'est la seule chose qui nous reste p***** », écrit-il sur Twitter. Ensuite, sur Facebook, l’humoriste s’attaque directement à l’association AJL : « Ce sont des gens qui ont la chance d’être les fers de lance, la démonstration même que l’on est dans le pays le plus libre. Ils devraient encourager Les Grosses Têtes, défendre Les Grosses Têtes, qui se moquent de nous-mêmes ».

Autre participante, Christine Bravo a elle aussi tenu à réagir : « Mes choux je soutiens depuis toujours vos batailles légitimes! En 1981, je militais à Act Up. J’ai balancé du sang dans la cathédrale Notre-Dame pour dénoncer l’attitude du clergé contre les capotes en plein sida. “Les Grosses Têtes” comme Charlie Hebdo c’est caricatural ! ».

Un tsunami d’insultes en tout genre

De son côté, l’AJL juge qu’il n’est pas possible de justifier ces paroles par l’humour revendiqué par les membres de l’émission. Elle recense notamment les insultes sexistes suivantes : « ménagère, putain, trop grosse ou trop moche, stupides ». Les injures grossophobes touchent quant à elles « aussi bien les hommes que les femmes ». Les propos banalisant « les viols, les crimes, les violences sexuelles et la pédocriminalité » sont présents dans « près d'une émission sur deux », et 80% des épisodes contiennent des remarques « LGBTIphobes » et racistes, « majoritairement sur les Roms, les Roumains et les personnes asiatiques ».

Le CSA a dit s’être procurée l’étude et promet d’y « regarder de près dans les prochains jours », relève l’AFP.

 
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