Elie Semoun dénonce la suppression à deux reprises d’une de ses vidéos: «Où va-t-on si on est obligé de s’excuser de tout?»

Belgaimage
Belgaimage

En tant qu’humoriste, Elie Semoun a choisi de souhaiter ses bons vœux… à sa manière. Pour l’occasion, il a publié sur Instagram une vidéo dans laquelle il explique : « Je voudrais m’excuser après de la communauté portugaise, noire, musulmane et juive, j’ai dérapé, je n’ai pas fait attention à ce que j’ai écrit, je n’ai pas voulu manquer de respect, mais vraiment je suis désolé, là mon humour, c’est parti trop loin  ». Il change ensuite radicalement de ton en ajoutant : « Voilà, si je dérape en 2021, je suis blindé, je suis sécurisé, il n’y a pas de problème, je me suis déjà excusé à l’avance. Voilà, salut les PD ! », avant de conclure : « Oh pardon, je m’excuse auprès de la communauté homosexuelle ».

Publiée le 2 janvier dernier, la vidéo a été supprimée le 11. Mécontent, Elie Semoun l’a republiée le lendemain mais elle a une nouvelle fois été effacée en raison « de discours ou symboles haineux  » a signalé Instagram. Pour exprimer sa colère suite à cet incident, l’humoriste a publié un message sur Twitter, rapporte Le Parisien.

« C’est bien la première fois, moi qui ai fait des sketchs sur les homos, les handicapés, les pédophiles, la mort, les djihadistes, l’hôpital, les vieux, les Juifs, les Arabes, les Portugais et que sais-je encore, qu’on me censure pour une vidéo où justement je me moque du ridicule et du pathétique de devoir s’excuser pour ça. Je ne comprends plus rien à cette époque de coincés et de psychorigides et de crétins qui prennent tout au premier degré. La tyrannie de la bêtise nous envahit. Je vais continuer à faire ce que j’ai toujours fait : de l’humour non formaté  », a-t-il écrit.

Premier degré

Contacté par le Parisien, Elie Semoun a exprimé son désarroi face au changement de mentalité de la population : « Norman avait fait une vidéo pour s’excuser parce qu’il avait été accusé de racisme à l’encontre des Noirs, dans un sketch. J’étais solidaire, je trouve ça tellement débile de devoir s’excuser de ces choses-là, alors que je sais parfaitement qu’il est tout le contraire d’un raciste, donc j’ai fait moi-même une vidéo dans laquelle je m’excuse par avance de choquer certaines communautés. Je trouvais ça drôle d’inverser le système  ». Pourtant la vidéo n’a pas été au goût des internautes, qui l’ont signalée à Instagram, entraînant sa suppression.

« Là où moi je suis choqué, c’est que certains ne prennent pas le temps de réfléchir et prennent ça au premier degré. Je sais que la bêtise humaine, c’est mon fonds de commerce, mais là, c’est en train de prendre un tour assez fou. Mais où va-t-on si on est obligé de s’excuser de tout ?  », s’est interrogé l’humoriste. Il continue en se rappelant que ce qui faisait rire il y a quelques années « ferait un tollé  » aujourd’hui. « J’aurais pu avoir plein de procès avec mes spectacles,(…) mais je n’en ai jamais eu parce que les gens savent bien que c’est du second degré, ils savent bien que je ne suis pas foncièrement malveillant et raciste. Sauf qu’aujourd’hui les gens ne prennent plus le temps de réfléchir, ils sont tout de suite dans la réaction. »

Il continuera toutefois de publier ce qu’il souhaite en toute liberté, comme il l’a expliqué au Parisien : « Honnêtement, je ne voulais pas y croire, et quand les journalistes me posaient la question peut-on rire de tout ? Je disais oui, bien sûr qu’on peut rire de tout… Ben, en fait, non… Mais moi je ne me soumets pas aux réseaux sociaux, je continuerais à publier ce que je veux et à parler de ce que je veux. Ça ne changera pas mon travail, sur scène, c’est le seul endroit où on est complètement libre. » Elie Semoun attend toujours une explication de la part d’Instagram.

 
  • Les supporters de Trump n’en reviennent pas : ils sont dans le Capitole et ont stoppé la réunion des parlementaires.

    Le jour de honte des États-Unis

    Le dernier baroud de déshonneur du président Trump : envoyer ses partisans envahir le Congrès. La démocratie américaine a résisté.

  • Le charismatique fondateur d’Alibaba s’est «volatilisé».

    L’énigme Jack Ma: disgrâce d’un milliardaire chinois

    Le fondateur de l’empire Alibaba a disparu depuis octobre 2020. Une « volatilisation » inquiétante qui rappelle le sort d’autres hommes d’affaires réduits au silence par le pouvoir communiste. Mais où est donc passé Jack Ma ?

  • Une étude française récente montre que les chats domestiques s’attaquent à 200 espèces animales différentes.

    Mon chat, ce serial killer

    Super-prédateurs des jardins, nos matous ont un impact réel sur la biodiversité qui nous entoure. Ils tuent des milliers d’oiseaux ou de petits mammifères. Conseils.

Signé duBus
Signé Stéphane Bern