Des historiens s’inquiètent de la volonté de Trump de laisser un «trou béant» dans les archives

Des historiens s’inquiètent de la volonté de Trump de laisser un «trou béant» dans les archives
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Est-ce que Donald Trump tenterait de cacher des éléments compromettants à son égard avant de laisser son poste à Joe Biden ? C’est la question qui se pose suite à un article du Guardian qui a recueilli des témoignages qui pourraient le laisser croire. Des archivistes de la Maison Blanche ont ainsi pu voir le président détruire des documents dont la loi oblige pourtant la conservation puis la publication cinq ans après. Les historiens rapportent au quotidien britannique que les actes de Donald Trump pourraient laisser un « trou béant » dans les archives.

De « nombreux exemples » de documents « détruits ou dissimulés »

Le mépris de Donald Trump pour les documents officiels ne daterait pas d’hier. Dès le début de son mandat, le personnel de la Maison-Blanche l’aurait vu déchirant et jetant des documents. « Mon directeur est venu vers moi et m'a dit: "Vous devez les recoller" », explique Solomon Lartey, un ancien employé des archives de la résidence officielle du président. Les papiers en question ont donc été reconstitués au scotch. « Ils ont dit à [Trump] d'arrêter de le faire. Il ne voulait pas s'arrêter », ajoute-il. De 2016 à mi-2018, au moins dix documents ont dû subir le même sort.

Autre cas de figure : Donald Trump aurait tout bonnement confisqué les notes d’un interprète suite à une entrevue avec Vladimir Poutine. Les hauts responsables de l’exécutif américains se sont vus aussi rappeler la nécessité de ne pas mener d’activités officielles de façon privée, sans qu’ils ne laissent de trace. Au fil du temps, le personnel de la Maison-Blanche aurait pris l’habitude de renforcer ses efforts pour scanner les documents.

« Non seulement la tenue de registres n'a pas été une priorVenue en jet privé à Washington, une émeutière du Capitole demande la grâce de Donald Trump (vidéo)ité, mais nous avons de nombreux exemples qui montrent que certains documents ont été dissimulés ou détruits », se désole Richard Immerman de la « Society for Historians of American Foreign Relations ». « Les historiens souffriront probablement de bien plus de trous que la norme », ajoute-t-il.

Donald Trump ne risque cependant pas grand-chose avec ces écarts. La loi dit que ces documents ne peuvent être détruits sans l’avis de l’archiviste national, mais elle ne l’oblige pas explicitement à en tenir compte in fine. En attendant, cela pourrait considérablement impacter les affaires judiciaires qui pourraient survenir à l’avenir à son encontre. Une procédure en justice a été lancée pour empêcher le président sortant de détruire des mails et des messages envoyés via des comptes privés. « Je pense qu'il se soucie probablement de ce que les archives pourraient dire sur sa culpabilité criminelle », suppose Anne Weismann, une avocate qui s’occupe de cette affaire.

 
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