Sexualité : pourquoi est-il difficile d’aborder certains sujets avec ses amis ?

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Dans un groupe d’amis, certains parlent librement de leur sexualité, sans tabou, alors que d’autres peuvent éprouver de la gêne. Vendredi dernier sur Europe 1 dans l’émission « Sans rendez-vous », la sexologue Catherine Blanc a répondu à une question d’un auditeur qui se demandait pourquoi il avait été dégoûté quand un de ses amis évoquait son palmarès de « coups d’un soir », alors qu’ils parlent d’habitude ouvertement de leur vie sexuelle dans leur groupe d’amis.

« Lors des repas avec mes amis, on expose un petit peu tous notre vie sexuelle de manière assez libre. Mais lors du dernier repas, j'ai un ami qui nous a fait part de ses plans d'un soir. Personnellement, ça me dégoûte. Je ne comprends pas comment on peut aimer ça. Qu'est-ce qu'il peut y avoir d'attirant dans ces pratiques ? », a expliqué le jeune homme.

Pour la psychanalyste, il semble nécessaire pour l’auditeur qu’il y ait une vraie relation entre deux personnes « pour se sentir à l'aise avec la sexualité ». « Ça ne signifie pas forcément qu'il s'attend à ce qu'il y ait une histoire amoureuse, mais au moins une histoire. Sûrement pour ne pas être un objet, l'objet de l'excitation de l'autre, mais bien un sujet, en relation avec un autre sujet. C'est assez dégoûtant pour lui de se retrouver coincé dans le fait d'être l'objet de quelqu'un d'autre ou coincé dans cette position dominante d'utiliser le corps de l'autre ».

Dans un cas de rejet comme celui-ci, Catherine Blanc évoque un lien possible avec le propre vécu de l’auditeur. Celui-ci aurait peut-être été utilisé lui-même comme un « objet » ou aurait au contraire utilisé quelqu’un de cette manière, ce dont il se sentirait coupable. « Par conséquent, il combattrait cette position par une autre position très affirmée, celle de la nécessité d'avoir une relation. Quand on est agressé par des choses extérieures, cela donne l'occasion de s'interroger sur ce que cela raconte de nous-mêmes. (…) Nous avons tous des limites en fonction de nos histoires », rapporte Europe 1.

Pour la sexologue, il est important de pouvoir dire à ses amis quand quelque chose nous gêne, même si actuellement on est « censés pouvoir tout entendre ». Il est également possible que la personne mente ou ne dise pas exactement la vérité. « Peut-être que cette personne est justement en couple et que c'est ce qui le dégoûte. Ou au contraire, c'est un célibataire qui, pour ne pas être laissé pour compte, a besoin de dire combien c'est formidable de l'être pendant que les autres ont des sexualités routinières », indique Catherine Blanc.

 
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