Remous en pleine conférence de presse à Cannes: «Peut-être que je vais voter Le Pen après avoir vu ça»

Capture d’écran
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Ce lundi 12 juillet, le film « Bac Nord » était présenté hors compétition au Festival de Cannes. Basé sur une histoire vraie, le long-métrage de Cédric Jimenez suit un groupe de policiers marseillais qui, mis sous pression par sa hiérarchie en 2012, choisit de dépasser les limites imposées pour améliorer les résultats dans les quartiers du nord de la ville. Dans cette affaire, des peines avec sursis ont été infligées. Filmé à la manière d’un western urbain, « Bac Nord » plonge le spectateur au cœur de l’action, rapporte LCI.

Si les festivaliers semblent avoir apprécié la présentation du film, un journaliste a quant à lui pointé un problème majeur lors de la conférence de presse donnée ce mardi. S’il a avoué avoir apprécié le film, un journaliste irlandais a toutefois estimé que la vision caricaturale de Marseille présentée dans « Bac Nord » encourage à voter pour Marine Le Pen. Il reproche donc à la réalisation de Cédric Jimenez d’inciter à se tourner vers l’extrême droite.

« On est dans une année d’élection. Moi j’ai vu ça avec l’œil d’un étranger et je me dis : peut-être que je vais voter Le Pen après ça  », a-t-il expliqué très sérieusement, tout en provoquant des rires gênés de l’équipe du film. Pour lui, les habitants des citées sont présentés comme des « bêtes ». « C’est une vision qu’on a toujours dans les médias français : les zones où on ne peut pas passer, les zones hors de la civilisation, les zones où il faut réimposer la loi française. Le film est super, mais il y a un problème, là. On est dans une année d’élection. Et j’étais gêné. Vraiment gêné. Et je n’étais pas le seul. »

Originaire de Marseille, le réalisateur Cédric Jimenez a répondu à ces critiques : « J’espère que Marine Le Pen ne va pas passer grâce à moi, ça m’emmerderait. Au contraire, j’ai essayé avec le film de raconter effectivement des zones qui ont de grandes difficultés. Qui peuvent paraître véritablement hostiles. Mais je ne pense pas qu’il faut régler ça avec un vote radical comme Marine Le Pen, pas du tout ».

Pour le réalisateur, un des problèmes réside dans le manque de moyens de la police, ce qui « crée la colère  », ajoute LCI. « Alors évidemment les policiers ont affaire à des dealers, à des délinquants et pas à l’ensemble de la population des quartiers Nord. C’est un point de vue, c’est un angle. Mais je ne pense pas que le film soit là pour dénoncer les zones de non droit et pour attiser la colère, au contraire », s’est défendu le Marseillais.

 
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