Invasion d’araignées dans les maisons? Des experts expliquent pourquoi elles sont si nombreuses (vidéo)

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Vous l’avez peut-être remarqué : il n’est pas rare ces temps-ci de croiser une araignée chez soi. A priori, cela semble logique. L’automne approche et cette petite bête aurait peur de prendre froid, d’où le fait qu’elle se réfugie en intérieur. Mais en réalité, il n’en est rien ! C’est ce qu’expliquent plusieurs spécialistes interrogés par les médias belges. Comme ils le démontrent, cela tient plus du cycle de vie de ces petits animaux.

Quand le mâle cherche sa femelle

La raison est à aller chercher dans les périodes de reproduction des araignées. La principale a lieu au printemps. Mais à ce moment-là, « il s’agit principalement de petites araignées qui vivent à l’extérieur, ce qui fait que nous les remarquons moins », déclare à De Morgen Koen Van Keer, de la Société arachnologique de Belgique. Puis il y a une autre période d’activité intense, de fin août à octobre-décembre. Cette fois-ci, elle concerne surtout les araignées de nos maisons. « Les araignées domestiques mâles, qui sont dans leur toile depuis le printemps, sont maintenant adultes. Elles quittent leur toile et parcourent la maison à la recherche d’araignées femelles avec lesquelles s’accoupler », explique le spécialiste. «  Ça peut être majoritairement des individus qui étaient déjà présents dans la maison, mais qui vont être beaucoup plus mobile car il s'agit de mâles cherchant une femelle », précise à RTL Info Sébastien Renson, éco-pédagogue au cercle des naturalistes de Belgique.

Au-delà de ce cycle de reproduction, les araignées pourraient être encore plus présentes cette année. « Cela est probablement dû au printemps et à l’été exceptionnellement humides, ce qui signifie que la végétation est florissante et que le nombre d’insectes volants (dont elles se nourrissent, ndlr) augmente. En ce sens, les araignées sont un bon baromètre : s’il y a beaucoup de proies, il y aura plus d’araignées », fait savoir Koen Van Keer. Mais que l’on ne s’y trompe pas : globalement, leur population est globalement en déclin. En 40 ans, leur nombre se serait effondré de 90%. En cause : la présence plus rare d’insectes, et donc de nourriture.

Attention : déplacer mais pas tuer les araignées !

Il n’empêche, avoir une araignée dans sa baignoire ou au-dessus de son lit, ce n’est pas vraiment agréable. Les spécialistes invitent toutefois à ne pas leur faire la peau. «  Les tuer, non, car elles ont leur rôle à jouer dans tous les écosystèmes qu'elles vont habiter, y compris les maisons. Elles vont vous aider à vous débarrasser d'insectes indésirables : des mouches, moustiques, des guêpes », rappelle Sébastien Renson. Ce dernier invite dès lors à prendre un bocal pour y emprisonner l’animal (qui n’est pas un insecte, contrairement à l’idée reçue) contre le mur ou le plancher, puis on y glisse une feuille pour fermer le récipient et ainsi déposer l’arachnide ailleurs.

« En tout cas, pas de panique : en Belgique, il n’y a pas d’araignées à craindre », précise Koen Van Keer. Certes, il y a des mygales dans des zones restreintes du pays, notamment dans le parc naturel du Viroin, mais celles-ci sont toutes petites et inoffensives. « C'est vraiment un coup de malchance d'être mordu par une araignée et en général, elles le font sans venin, donc ce sont des morsures qui sont à blanc. Ca peut être une petite pincette, mais c'est extrêmement rare », conclut Sébastien Renson.