Une accusatrice de PPDA fait de nouvelles révélations sur l’agression qu’elle a subie
« Sept à huit » a diffusé hier une enquête sur Patrick Poivre d’Arvor. L’émission a partagé le témoignage d’Aude Darlet. Cette dernière décrit frontalement ce qu’il s’est passé.

Dimanche 12 décembre, l’émission « Sept à huit » diffusait une enquête sur les accusations contre l’ancien présentateur du JT de TF1. L’émission a notamment mis en lumière plusieurs témoignages de femmes qui accusent Patrick Poivre d’Arvor d’agressions sexuelles ou de viols. PPDA est accusé depuis janvier par plusieurs femmes de les avoir agressés pendant sa carrière. Une enquête préliminaire a été menée, classée sans suite. Huit femmes ont de nouveau dénoncé les agissements de l’ancien présentateur du JT de TF1 dans un article de Libération.
Parmi les témoignages diffusés par « Sept à huit », celui d’Aude Darlet, employée d’une compagnie d’assurances, parle du « processus bien rodé » du journaliste. « À l’époque, un ami journaliste m’a appris peu de temps après que tout le monde savait, que c’était un processus bien rodé où autrices, étudiantes, journalistes, toutes sortes de femmes étaient invitées au JT avant de passer dans son bureau. Si tout le monde le savait, pourquoi est-ce que cela continuait ? » demande-t-elle dans Libération. Dans « Sept à huit », Aude Darlet raconte leur première rencontre en 2002. Elle explique notamment qu’elle avait été invitée par l’assistante du journaliste pour qu’elle vienne parler de son ouvrage. Aude Darlet a été invité à assister à un JT de TF1.
Des questions intimes en amont
Avant même leur rencontre, PPDA lui aurait envoyé des messages avec des questions intimes. « Est-ce que j’étais en couple ? Est-ce que j’étais fidèle ? Est-ce que je me masturbais ? Est-ce que je dormais nue ? Qu’est-ce que ça me faisait quand je le voyais présenter le JT ? Et je ne comprenais pas bien le sens de ces questions » assure Aude Darlet. « J’ai une amie qui m’avait dit qu’il avait été victime d’une érotomane, continue-t-elle, Et je me suis dit qu’il vérifiait que je n’étais pas une érotomane, et que j’étais donc apte de venir à ce JT. Je n’étais pas à l’aise avec ces questions, mais en même temps, je n’ai jamais montré aucune ambiguïté. Et surtout, comme des millions de Français, je faisais confiance à cet homme ».
Après la réalisation du JT, le journaliste la conduit dans son bureau : « Il est arrivé dans mon dos. Et il a tout de suite mis sa jambe sur le bureau, façon cow-boy, en défaisant sa cravate, très sûr de lui. Il m’a proposé un verre de vodka que j’ai refusé. Il s’est servi un verre, et en tout premier lieu, il m’a demandé ce que ça m’avait fait de le voir présenter le JT. J’étais assise, et il m’a caressé les cheveux. Et là, j’étais tétanisée et je me suis dit « Qu’est-ce qui est en train de se passer ? ». Et par surprise, je me suis retrouvée avec sa langue dans ma bouche et sa main dans mon soutien-gorge, sans même que je ne le vois venir. Je l’ai repoussé. Évidemment, je me suis levée et j’ai dit quelque chose comme « Ça ne va pas non ? ». Il l’a très mal pris, il était très en colère, et il est allé derrière son bureau pour ranger ses feuilles en me disant « Madame, j’ai du travail » se remémore Aude Darlet.
Une ancienne assistante le défend
Dans la suite de l’enquête, « Sept à huit » donne la parole à Armel Arnoult, une ancienne assistante de Patrick Poivre d’Arvor. Elle maintient que le journaliste n’aurait « jamais contraint quelqu’un ». « Vous vous rendez compte, une rédaction qui bosserait sous la coupe d’un pervers polymorphe, ça se serait su bien au-delà et tout le monde se serait barré et aucune femme ne serait restée » déclare-t-elle. Enfin elle ajoute : « Tout le monde savait quoi ? Que c’était un séducteur ? Oui, oui. On prévenait les jeunes filles. On les prévenait qu’elles risquaient de se faire draguer. Ça pouvait être un tout petit peu intimidant et déroutant ».
Patrick Poivre d’Arvor continu de nier les accusations. Le journaliste parle d’une « tentative de contournement médiatique d’une décision d’ordre judiciaire » en faisant référence aux témoignages diffusés dans la presse alors que les plaintes ont été classées sans suite il y a quelques mois.









