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«Complément d’enquête» sur Patrick Poivre d’Arvor: «Ce fut mon enquête la plus difficile»

Ce numéro s’attachera à revenir sur les accusations d’agressions sexuelles contre l’ancien présentateur. Le réalisateur Romain Verley a pourtant côtoyé le journaliste et travaillé pour TF1.

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Le jeudi 28 avril, à 23 heures sur France 2, Romain Verley présentera sa nouvelle enquête menée sur les accusations contre Patrick Poivre d’Arvor. Le journaliste revient sur la difficulté de réaliser cette enquête et présente la télévision comme « la grande muette ». Il aura fallu six mois pour finalement déterminer l’influence de l’ancien présentateur de TF1, présenté comme un « intouchable » selon la journaliste Michèle Cotta.

Intitulé « La chute d’un intouchable », ce « Complément d’enquête » a été plus compliqué que prévu à réaliser : « Ce fut mon enquête la plus difficile. Plus encore que celle sur le financement présumé de Nicolas Sarkozy par la Libye ou les liens entre Michel Platini et le Qatar. (…) Je pensais, à tort, qu’être un ancien de la chaîne m’aiderait à avoir des témoignages devant la caméra, et pas seulement du « off ». La télévision, c’est la grande muette » affirme Romain Verley. Il a pourtant côtoyé PPDA quelques mois en 2008 et travaillé plusieurs années sur LCI et TF1, comme le rapporte Le Figaro TV.

Pour le réalisateur, c’est probablement le « sentiment de culpabilité » qui empêche certains témoignages de remonter. Ainsi Robert Namias, directeur de l’information entre 1996 et 2008 n’a pas tenu à s’exprimer en face caméra, de même que Catherine Nayl, qui a travaillé chez TF1 de 1984 à 2017.

PPDA « intouchable »

Le témoignage de Michèle Cotta est finalement l’un des plus parlant sur l’influence de l’ancien présentateur, de même que celui de Christine Ockrent. Michèle Cotta estime que PPDA était « la locomotive de la chaîne, avec 40 % d’audience chaque soir, Patrick Poivre d’Arvor était intouchable ». Pour exemple, les journalistes rappellent qu’en 1991, il avait même inventé et monté un entretien fictif avec Fidel Castro, sans qu’il n’y ai de véritables répercussions sur le journaliste.

Quant aux plaintes pour agressions, Romain Verley assure que la réputation du journaliste était vérifiée : « Il était de notoriété publique qu’il recevait chaque soir des visiteuses, que son bureau était une garçonnière. Voyant cette réputation de séducteur, on ne s’inquiétait peut-être pas de sa possible attitude de prédateur » assure le réalisateur de ce « Complément d’enquête ». Des témoignages sont rapportés comme celui d’une ancienne directrice de l’Institut pratique de journalisme : « Dès 1983-1984, on m’avait conseillé de ne jamais envoyer de filles en stage là où il se trouvait. Ce que je fis », raconte-t-elle.

Enfin, dans le reportage, des témoignages des femmes présumés victimes sont rassemblés, décrivant des scènes difficiles avec Patrick Poivre d’Arvor. Certains ont déjà été présentés dans « Sept à Huit », ou bien dans Le Monde mais denouveaux sont aussi présents dans le reportage. Pour rappel, l’an dernier 23 femmes ont témoigné lors d’une enquête préliminaire visant l’ancien présentateur de TF1.

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