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Le continent de plastique devient un refuge pour de nombreuses espèces vivantes, une mauvaise nouvelle

Les chercheurs sont formels, de nombreuses espèces ont commencé à s’installer dans les milliards de morceaux de plastique qui composent la gigantesque décharge flottante dans l’Océan Pacifique.

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L’informel 7e continent, composé de déchets plastique, héberge en lui la vie. Depuis des dizaines années maintenant, au large de l’Océan Pacifique, s’accumulent des tonnes de déchets qui composent le GPGP, « Great pacific Garbage Patch ». Le continent flottant a été découvert en 1997 et ne cesse de croître.

En 2019, un nageur, Benoît Lecompte, passe à côté et se rend compte que de nombreuses espèces vivantes semblent s’être installées dans la zone. Il prévient alors des scientifiques qui mènent des analyses. Il en ressort qu’effectivement, la quantité de neuston – l’ensemble des organismes vivants, très petits, vivant à la surface de l’eau – est très importante. « Les densités de neuston dans le GPGP sont parmi les plus élevées jamais décrites », rapporte l’étude « Nature Ecology and Evolution ».

Le continent, grand d’1,6 million de km2, soit plus que la France, l’Allemagne et l’Espagne réunies, est en fait devenu une zone d’échouage pour ces organismes, transportés sur des déchets plastiques. Les circulations de l’eau viennent ensuite charier les déchets et les organismes sur le GPGP. Normalement, ce genre de phénomène ne devrait pas arriver ou les organismes devraient mourir en chemin. Ce n’est pas le cas parce que le plastique flotte, alors que le bois devrait pourrir et couler avant que cette situation n’arrive. Les chercheurs ont ainsi retrouvé 37 sortes d’invertébrés, dont des crustacés, des anémones de mer et des mousses appelées bryozoaires.

Les organismes survivent, s’arrêtent et se reproduisent sur le GPGP. Le risque est alors que ces organismes repartent et colonisent d’autres régions du monde. C’est d’ailleurs ce qui a été observé au Japon en 2012. Après le tsunami de 2011, des déchets plastiques avec des organismes vivants accrochés dessus s’étaient retrouvés sur les côtes. Leur arrivée peut provoquer des compétitions pour le territoire et la nourriture avec les espèces locales et mettre en péril l’équilibre de l’écosystème.

Pour d’autres espèces d’animaux, le GPGP est très dangereux. Des tortues, des poissons et d’autres mammifères viennent se perdre et s’étouffent dans les déchets.

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