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Festival de Cannes: 123 actrices et acteurs signent une tribune dénonçant «un système qui soutient les agresseurs»

Dans le journal « Libération », une centaine d’actrices et acteurs ont signé une tribune dans laquelle ils dénoncent les choix politiques du Festival, notamment à cause de l’accueil en grande pompe de Johnny Depp.

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Géraldine Nakache, Laure Calamy, Swann Arlaud, Anna Mouglalis, Clotilde Hesme, Jérémie Renier, ou encore Camille Chamoux font partie des signataires d’une tribune parue dans « Libération ». « Le cinéma français a intégré un système dysfonctionnel qui broie et anéantit. Nous le savons depuis longtemps, nous en sommes les victimes et les témoins quotidiens. C’est parce que nous aimons passionnément notre métier que nous prenons la parole aujourd’hui », écrivent-ils en guise d’introduction. « Nous subissons bien trop souvent des agressions sexuelles, du harcèlement moral et du racisme au sein même de nos lieux de travail. Lorsque nous avons le courage de parler ou demander de l’aide nous nous entendons trop souvent dire : « Tais-toi s’il te plaît, pour la vie du film ». »

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Des présences décriées

L’un des choix particulièrement décrié par les signataires, la présence de Johnny Depp et Maïwenn Le Besco à l’ouverture du Festival, avec le film « Jeanne du Barry ». « Nous sommes profondément indigné·es et refusons de garder le silence face aux positionnements politiques affichés par le Festival de Cannes. Nous refusons d’être associées aux décisions prises ces dernières semaines. En déroulant le tapis rouge aux hommes et aux femmes qui agressent, le festival envoie le message que dans notre pays nous pouvons continuer d’exercer des violences en toute impunité, que la violence est acceptable dans les lieux de création. » Alors qu’un tribunal anglais a reconnu les violences conjugales de Johnny Depp envers Amber Heard et que Maïwenn a avoué avoir agressé physiquement Edwy Plenel, les deux artistes ont été applaudis pendant sept minutes, hier soir, après la projection du film d’ouverture.

La réalisatrice Catherine Corsini a également été invitée à fouler le tapis rouge de la Croisette. Pourtant, des soupçons de harcèlement planent autour d’elle depuis le tournage de son film « Le retour ». Une scène impliquant une actrice mineure semble aussi être au cœur de discussions.

« La liberté de penser, de parler, d’agir »

Parmi les signataires, il y a aussi la comédienne Ophélie Bau qui est à l’affiche de « Mektoub, My Love : Intermezzo » d’Abdellatif Kechiche. Elle estime que son contrat n’a pas été respecté pour le tournage de ce film, notamment en ce qui concerne l’utilisation d’une scène de sexe oral non simulée, tournée avec Roméo de Lacour.

Le délégué général du Festival, Thierry Frémaux, a été interrogé sur le choix de « Jeanne du Barry » en film d’ouverture de la quinzaine. Il explique que rien n’interdit à Johnny Depp de tourner des films et reconnaît une « extraordinaire » prestation. Il ajoute : « Je n’ai qu’une seule conduite dans la vie, la liberté de penser, de parler, d’agir dans le cadre de la loi. » Il explique également ne pas avoir suivi le procès ultra-médiatisé opposant Johnny Depp à son ex-épouse, Amber Heard, tous les deux reconnus coupables de diffamations et condamnés.

Adèle Haenel

Récemment, l’actrice Adèle Haenel a annoncé sa décision de quitter le milieu du cinéma, ce que les signataires n’ont pas manqué de saluer : « Adèle Haenel a récemment rappelé qu’elle a « décidé de politiser son arrêt du cinéma ». C’est une décision que nous comprenons et soutenons. »

500 cinéastes

Un autre texte, publié ce mardi et signé par 500 cinéastes majoritairement francophones, dénonce des ingérences de l’industrie du cinéma sur leur travail artistique « au nom de la rentabilité ». Ils s’alarment que « la diversité et la vitalité (du cinéma soit) de plus en plus affaiblies par certaines pratiques qui contreviennent aux principes fondamentaux du droit d’auteur et à la liberté de création ». Ces signataires sont réunis par la Société des réalisateurs de films (SRF), gardienne du cinéma d’auteur. Ils expliquent que les « scénarios modifiés, (les) collaborateurs artistiques et castings imposés, (les) films modifiés au montage par les diffuseurs, (les) choix de musique prescrits (…) représentent immanquablement une forme de censure qui altère tout processus de création. »

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