«Rome n’est pas un parc d’attractions»: Airbnb suscite la polémique sur fond de Gladiator II
La plateforme hôtelière Airbnb a lancé une initiative pour le moins surprenante : proposer aux visiteurs du Colisée une expérience immersive en lien avec la sortie imminente du film Gladiator II.

Sous le slogan « Libérez le gladiateur qui est en vous », l’entreprise offre une expérience « immersive et unique » selon ses propres termes. Les réservations seront ouvertes du 27 novembre au 9 décembre. Cela permettra, par petits groupes de 16 participants, de s’entraîner gratuitement dans l’arène mythique. Cette activité, prévue en dehors des heures habituelles d’ouverture, promet un accès exclusif au site. Cependant, le voyage et l’hébergement restent à la charge des participants.
Si l’initiative a de quoi séduire les amateurs d’histoire ou de cinéma, elle a déclenché une vive opposition parmi les responsables locaux. Ainsi, Massimiliano Smeriglio, conseiller municipal à la culture, dénonce une dérive. Il explique ceci sur son profil Instagram : « Ce genre d’événement transforme l’un des monuments les plus importants du monde en parc d’attractions ». Cette critique a été reprise par d’autres voix, notamment celle d’Enzo Foschi, autre conseiller municipal romain, affirmant que « Rome n’est pas Disneyland ».
Des universitaires ont également exprimé leur malaise. Lauren Donovan Ginsberg, spécialiste des études classiques à l’université Duke, a qualifié cette initiative de « cosplay de la violence ». Le « cosplay » étant une pratique consistant à incarner un personnage de manga, de film d’animation, de jeu vidéo, etc. Il a ainsi tenu à rappeler que les gladiateurs étaient souvent des esclaves ou des individus marginalisés.
Face à ces accusations, Airbnb se défend en insistant sur son engagement pour la préservation du patrimoine. L’entreprise affirme que l’initiative vise à « inspirer et éduquer sur l’histoire de Rome », tout en rappelant son don de 1,5 million de dollars pour soutenir la restauration du Colisée et d’autres sites historiques européens.
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Voilà qui conforte en tout cas le sentiment de tensions croissantes entre le tourisme de masse et la préservation culturelle dans une ville qui refuse de devenir une attraction à ciel ouvert.
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