L’édito de Benoît Franchimont : le chômage n’est pas une « situation »

Dans le courant de cette année 2026, près de 185.000 bénéficiaires d’une allocation de chômage ou d’insertion perdront leurs droits. Et la sanction est déjà tombée le 1er janvier pour 18.700 personnes comptabilisant plus de 20 années d’inactivité. D’autres vagues suivront en mars, avril et juillet. Pour tout le monde, le droit aux allocations de chômage sera désormais limité à deux ans maximum. On parle bien d’un maximum. Pour ouvrir le droit au chômage durant un an, il faudra avoir travaillé l’équivalent d’un an au cours des trois dernières années. Et pour obtenir deux années de chômage, une personne devra avoir travaillé cinq ans. Ce tour de vis est historique dans notre pays, avec la volonté du gouvernement fédéral de remettre un maximum de gens au travail.
Notre avis ? C’est une bonne chose, à une condition importante. D’abord, le chômage n’est pas une « situation ». Il faut tout faire pour en sortir. Pourquoi ? On l’a déjà dit ici, les allocations de chômage ont été créées par les ouvriers eux-mêmes et leurs syndicats pour fournir aux collègues un revenu de remplacement en cas de perte de travail. Chaque travailleur paie encore aujourd’hui des cotisations sociales pour alimenter les allocations de chômage et a intérêt à défendre un système de chômage sans abus. Tous les exclus ne retrouveront pas du travail, mais il y en a. Fin 2025, les entreprises belges offraient toujours près de 160.000 emplois vacants. Mais la condition pour que la mesure fonctionne est évidente : aider vraiment les gens à retrouver un emploi et les former plutôt que de les pousser vers les CPAS, que la collectivité devrait à nouveau financer. On verra dans quelques mois déjà si les moyens mis à disposition, du Forem par exemple, ont porté leurs fruits.









