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Le retour de Boule & Bill : découvrez les premières planches

Tout l’été, nous publions en exclusivité les 18 premiers gags du 47e tome de l’emblématique série créée par Jean Roba (p. 28-29). Jean Bastide, le dessinateur actuel, nous en livre les clés.
Entretien -
Par Philippe Cools
Temps de lecture: 1 min

Depuis 2016, c’est le dessinateur Jean Bastide, associé au scénariste Christophe Cazenove, qui donne vie aux aventures de Boule et Bill, ce duo formé par un petit garçon espiègle et son fidèle cocker. Confidences.

Jean Bastide.
Jean Bastide. - Dargaud

Jean Roba nous a quittés en 2006. Après Laurent Verron de 2003 à 2016, choisi par Roba lui-même, vous œuvrez au dessin. Comment aborde-t-on un tel défi ?

Jean Bastide : Une reprise d’un tel monument, c’est vraiment complexe, on touche quelque part au patrimoine commun, ces personnages ont traversé les époques et les générations. Il faut donc avoir de l’humilité et du respect face à une œuvre aussi emblématique, qui a fait rêver et fait encore rêver beaucoup de gens. Elle touche à l’inconscient collectif, à l’intime. Je me suis aperçu de cette connexion au fil des années en rencontrant les lecteurs. C’est une BD qui porte en elle un poids émotionnel particulier avec cette famille idéale qui évolue dans un cadre bienveillant. J’ai mis plusieurs années à vraiment entrer dans l’univers de « Boule et Bill », et j’apprends encore tous les jours. La BD franco-belge est une école extrêmement rigoureuse. Au début, j’ai surtout passé énormément de temps à m’imprégner du style de Roba sur le plan technique, par exemple sa façon de placer les personnages dans les bulles, tous ces micro-détails dans les décors qui participent à l’équilibre général. Il y a en fait très peu de marge par rapport au dessin de base, c’est extrêmement cadré. La charte graphique est stricte et il existe tout un tas de protocoles pour garantir le respect de l’œuvre originale. Mais ce n’est pas une contrainte, cela fait partie intégrante du projet. La dynamique des gags, c’est du domaine de Christophe (Christophe Cazenove, le scénariste, NDLR). Il est sensible et tendre, est bourré d’humour et a parfaitement réussi à retrouver la patte humaniste de Roba.

Le succès continu de la série, ça vous surprend ?

Non, parce que Jean Roba a créé quelque chose d’unique, un lien fabuleux avec ses lecteurs, toutes générations confondues. Je le vois en festival et en discutant avec mes amis libraires : c’est une des rares BD qui continuent à renouveler leur public et à être lues autant par les enfants que les adultes. Ce sont des personnages qui continuent et continueront à vivre et à donner du plaisir aux gamins et aux grands parce que ces enfants deviendront des adultes et transmettront cet amour à leurs propres enfants. Je suis absolument certain que ces personnages continueront à exister après nous, nous n’en sommes que les locataires actuels. D’ailleurs, ce qui marque le plus, ce sont les retours de gens de plus de 60 ans qui viennent me trouver la larme à l’œil en me racontant leurs souvenirs d’enfance liés à cette BD. Je n’en étais pas conscient quand j’ai repris le dessin il y a dix ans, elle nous renvoie tous à des schémas familiaux communs. Et à l’heure des réseaux sociaux et des portables, quand je vois un gamin s’asseoir devant le stand et s’immerger dans cet univers bienveillant en oubliant son téléphone, je me dis qu’il y a quelque chose de magique qui se passe.

Un album par an, c’est une contrainte ?

Il faut 5 à 6 mois pour concevoir un album, c’est un bon équilibre pour marier série et projets personnels. Vous pouvez aussi rajouter que l’univers de Boule & Bill me convient. Je suis français, mais j’ai passé un an en Belgique pour mes études, à l’Institut Saint-Luc de Bruxelles. J’ai rencontré Yslaire et j’ai tout lâché pour travailler avec lui, mais au final, j’en retire un lien indéfectible grâce à l’accueil super chaleureux des Belges. Je suis natif d’Albi, dans le sud de la France, et j’ai retrouvé cette chaleur des gens du sud en Belgique, par exemple dans le tutoiement, ce qui m’a permis de comprendre plus facilement l’esprit de Roba, sa simplicité dans la vision de la famille. Et c’était presque une évidence aussi par nos situations personnelles. Au moment de la création de « Boule & Bill », nous avions à peu près le même âge, des enfants du même âge, un petit pavillon, etc. En fait, je n’ai qu’un seul défaut, je n’ai pas de chien ! (Rire)

Bill, au final, c’est un marrant, non ?

C’est la star ! C’est un personnage attachant, il a été pensé pour être une mascotte, on sent dans ce personnage tout l’amour que pouvait avoir Jean Roba pour les chiens. Il y a une bienveillance, une tendresse et une sorte de complicité malicieuse avec Boule. J’adore le dessiner avec ses longues oreilles !

Boule et Bill 47 : « Flair des champs », par Christophe Cazenove et Jean Bastide (dessin), éd. Dargaud, 48 p., 12,95 euros (disponible dans le commerce à partir du 23 octobre 2026).
Boule et Bill 47 : « Flair des champs », par Ch. Cazenove et J. Bastide, Dargaud, 48 p., 12,95 euros (disponible dans le commerce à partir du 23 octobre 2026)
Boule et Bill 47 : « Flair des champs », par Ch. Cazenove et J. Bastide, Dargaud, 48 p., 12,95 euros (disponible dans le commerce à partir du 23 octobre 2026)
Boule et Bill 47 : « Flair des champs », par Ch. Cazenove et J. Bastide, Dargaud, 48 p., 12,95 euros (disponible dans le commerce à partir du 23 octobre 2026)
Boule et Bill 47 : « Flair des champs », par Ch. Cazenove et J. Bastide, Dargaud, 48 p., 12,95 euros (disponible dans le commerce à partir du 23 octobre 2026)

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