Marc Ysaye et ses grands classiques du rock : « La bombe humaine »

Extrait du deuxième album de Téléphone en 1979, « La bombe humaine » a gardé toute son acuité aujourd’hui. En ces jours de fête nationale française, s’il y a bien un groupe qui symbolise le rock français de la plus belle des manières, c’est Téléphone ! Bien sûr, avant lui, il y a eu des tas de bons groupes comme Martin Circus, Variation, Magma et quelques autres. Après, il y aura Trust ou Noir Désir, mais aucun de ces groupes n’atteindra le niveau de Téléphone, ni en qualité ni en talent, mais surtout aucun ne restera aussi présent dans le cœur des fans.
Lors de la « reformation » à trois en 2015, sous l’appellation les « Insus », Jean-Louis Aubert, Louis Bertignac et Richard Kolinka déclenchent une hystérie collective.
Une chanson culte

Lors des rappels de sa tournée précédente, Aubert décide de jouer cette chanson, seul à la guitare en rappel. Dès les premiers instants de « La bombe humaine », la foule se met à chanter plus fort que lui. Il ne pourra dès lors plus qu’accompagner cette foule à la guitare. Elle sera donc au programme de la tournée des Insus ! Comme si Téléphone n’avait pas disparu trente-cinq ans auparavant.
Le groupe (formé le 12 novembre 1976 et dissous le 21 avril 1986) explose depuis trois ans sur la scène rock française, qui devient enfin crédible grâce à un quatuor de feu : Jean-Louis Aubert, Louis Bertignac, Richard Kolinka et Corine Marienneau. « La bombe humaine » sort en 1979. Cette année-là, le contexte est particulièrement tendu en France. Les scandales se bousculent, comme le départ définitif du paquebot France, revendu à un armateur norvégien. Ce n’est pas tout : le second choc pétrolier, la crise de la sidérurgie, un chômage record et les révélations de l’affaire des diamants de Bokassa mettant en cause Giscard, etc., la jeunesse va mal et va le chanter : « Je veux vous parler de l’arme de demain. Enfantée du monde, elle en sera la fin. Je veux vous parler de moi, de vous. Mon père ne dort plus sans prendre des calmants, Maman ne travaille plus sans ses excitants. »
Puis des phrases chocs comme des mantras sont martelées par Aubert : « Faudrait pas que j’me laisse aller, non. »
Ce titre exprime la frustration et la colère de Jean-Louis Aubert, qui est celle d’une grande partie de la jeunesse française de la fin des années 70. Exactement comme Mick Jagger avec « Satisfaction » en 1965, Aubert se transforme en véritable catalyseur des frustrations. Ceux qui les écoutent sont des « kids » âgés de 14 à 18 ans. La génération des problèmes existentiels mais aussi de tous les espoirs. Aubert parle son langage et le titre explose.
« La Bombe humaine » est une invitation à la jeunesse à prendre en main son destin. À sa sortie, le titre est interprété comme une incitation à la violence. C’est une grossière erreur. Avec Téléphone, pour la première fois, on écoutera de réelles chansons rock en français.
Ils enregistrent d’abord une maquette. Extraordinaire, époustouflante, « elle avait quelque chose d’indicible » diront-ils. Ils finissent par trouver un producteur, ce sera Martin Rushent. La version finale est encore bien meilleure. Le single se classe numéro 1 et restera classé au top 50 pendant cinquante-trois semaines !









