L’édito de Pierre de Vuyst : triple peine de mort pour Christa Pike

Première femme condamnée à être exécutée dans le Tennessee (USA) depuis 200 ans, Christa Pike a survécu, mercredi 30 septembre, à la dose létale initiale. Puis à une seconde dose. Mais elle n’en est toujours pas morte ! Selon ses avocats, le produit létal aurait en partie pénétré dans ses tissus plutôt que dans sa circulation sanguine. Inconsciente et placée sous respirateur, elle a été admise à l’hôpital, où des médecins ont tenté de la sauver et de débarrasser son organisme de la mortelle substance. Elle restait, ce lundi matin encore, dans un état critique. Les avocats de la condamnée ont crié à la cruauté et à la torture. Le gouverneur Bill Lee a suspendu sur-le-champ toutes les exécutions et réclamé une enquête, tout en réaffirmant que l’État avait la responsabilité d’exécuter les sentences de mort prononcées par la justice. Condamnée à 1996 pour un terrible meurtre commis à l’âge de 18 ans, Christa Pike a passé plus de trente ans dans le couloir de la mort avant d’être conduite en salle d’injection.
Que l’on soit pour ou contre la peine de mort, ce temps d’attente hallucinant, en matière de torture psychologique légale, déjà, ça pose problème. Mais cette exécution ratée démontre aussi le terrible paradoxe d’une situation qui, lorsque la mise à mort légale échoue, voit l’appareil étatique tout tenter pour sauver la condamnée… pour mieux la réexécuter ensuite ? Le cynisme de la situation nous laisse pantois.









