L’édito de Benoît Franchimont : Trump, la bête blessée

De ce côté-ci de l’Atlantique, la défaite électorale du camp de Donald Trump sonne comme un soulagement. Le peuple américain a repris sa destinée en main, infligeant un camouflet au président omnipotent et va-t-en-guerre. Mais après ? Quel vrai changement attendre ? Trump a annoncé la couleur. Le désastre électoral, il l’attribue aux autres, bien sûr : « Je n’étais pas sur le bulletin de vote et si je l’avais été, nous aurions très largement gagné ! » Et il a répété plusieurs fois qu’il utiliserait désormais son droit de veto.
Symboliquement, le président américain a publié sur son réseau social une photo d’une casquette rouge arborant les quatre lettres VETO, à la place de MAGA. Le message est clair. Il va s’opposer aux décisions des démocrates et, comme il l’a fait largement depuis deux ans, il va continuer à gouverner seul, usant de décrets présidentiels (292 depuis janvier 2025 !). On peut même craindre que Donald Trump, humilié par cette défaite des midterms, renforce encore cet usage. Il n’a besoin de personne pour continuer la guerre en Iran ou passer des accords avec la Russie au détriment de l’Ukraine. Paradoxalement, les deux années qui viennent n’augurent rien de bon. En bête blessée, Donald Trump sera même plus dangereux qu’avant…









