Claire Denis sur le moment où elle a remis le César de Polanski : «Avec Emmanuelle, on s'est dit 'Voilà, c'est arrivé'» (vidéo)

Claire Denis sur le moment où elle a remis le César de Polanski : «Avec Emmanuelle, on s'est dit 'Voilà, c'est arrivé'» (vidéo)
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Elles s’étaient préparées à cette éventualité et c’est ce qui s’est passé. Lorsque Claire Denis et Emmanuelle Bercot montent sur la scène des César, la soirée se passe pourtant plutôt bien. L’ambiance devient toutefois tendue alors qu’elles arrivent devant le pupitre. Elles doivent décerner la récompense du meilleur réalisateur.

Parmi les concurrents, on trouve le nom de Roman Polanski, accusé de viol et de ce fait au centre d’une immense polémique. Lorsqu’elles ouvrent l’enveloppe, elles sont préparées à faire face à la réaction face à une éventuelle victoire de celui-ci. Elles ont eu raison de le faire !

Entre compréhension et esprit critique

Le choix de ces deux personnes pour remettre un prix si sensible n’était pas dû au hasard, comme le raconte Claire Denis au « Parisien ». « Lorsqu'on m'a proposé de remettre ce César avec Emmanuelle Bercot, j'ai trouvé que c'était un choix intelligent. Nous sommes deux femmes réalisatrices et on représente elle et moi quelque chose de sincère et de solide », dit-elle.

Outre le fait de choisir ces deux personnes pour leurs carrières, les organisateurs ont manifestement fait attention à ce qu’elles soient capables de ne pas polémiquer au cas où le nom de Roman Polanski serait dans la fameuse enveloppe. Lorsque « Le Parisien » l’interroge sur si cela a été difficile de proclamer le nom du vainqueur, Claire Denis répond d’ailleurs catégoriquement : « Pas du tout ». « Si on ne voulait pas avoir à dire ce nom, alors il ne fallait pas venir ! Citer Roman Polanski ne m'a pas écorché la bouche. Quand Emmanuelle a donné le résultat, je l'ai regardée et on s'est dit 'Voilà, c'est arrivé'. Emmanuelle et moi devions rendre compte d'un vote, pas rendre un verdict ».

Loin de se montrer hostile à Roman Polanski, elle fait même un peu l’inverse en dénonçant le fait « qu'au cours de la soirée, on marmonne le nom de Polanski ou qu'on lui donne des surnoms ». Cette remarque fait directement référence à Florence Foresti qui a utilisé le nom d’« Atchoum » pour désigner le réalisateur. Quant à la réaction d’Adèle Haenel qui est sortie de la salle avec plusieurs autres personnes lors de cette annonce, Claire Denis déclare qu’elle ne peut pas « se mettre à la place de quelqu'un d'autre », même si elle n’est pas « insensible à la douleur des autres, bien au contraire ». « Un jour, on se parlera avec ceux qui ont quitté la salle. Ce vendredi soir, nous n'avions pas les moyens d'entamer un débat », conclut-elle.

 
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