Fabrice Luchini ne veut plus des César et des compétitions: «ce n’est pas de l’art» (vidéo)

Fabrice Luchini ne veut plus des César et des compétitions: «ce n’est pas de l’art» (vidéo)
Capture d’écran Youtube

En l’invitant sur son plateau de France 5, Anne-Élisabeth Lemoine devait bien se douter qu’elle n’aurait pas véritablement le contrôle sur l’interview de son invité spécial. « Le nombre de questions que l’on aurait voulu vous poser et que l’on ne vous a pas posé, cela aurait de quoi faire une émission spéciale », conclut-elle d’ailleurs à la fin de l’émission. Fabrice Luchini a en effet été encore une fois très bavard et véritablement indomptable. Lorsqu’un chroniqueur lui demande par exemple ce qu’il pense des polémiques des César 2020, il préfère ainsi se lancer dans une analyse de ce que représente pour lui cette cérémonie dans sa globalité. Ce que l’on retient, c’est qu’il n’est pas tendre avec ce concept de compétition entre acteurs.

Une interview à la Luchini

Balayant directement la question de savoir ce qu’il pensait du prix de Polanski, il parle plutôt de sa position personnelle. « Première bonne nouvelle : je n'étais pas nommé », dit-il directement avant de préciser sa pensée. « Et vous savez pourquoi c'est une bonne nouvelle ? Ce n'est pas parce que je n'ai pas d'ego mais c'est parce que tu n'es pas anxieux dans les trois semaines qui suivent. J'ai dû être nommé 25 fois pour les César. J'ai dû en avoir un pour un travail qui n'était pas le plus rigoureux de mon travail d'acteur. Puis, petit à petit, j'ai dit que cela ne m'intéressait pas. Je n'ai pas d'opinion, ni pour ni contre ».

Après avoir abordé cette « bonne nouvelle » de n’être pas nommé cette année, il critique ouvertement l’idée même de compétition. « On m’a demandé d’être le président, je n’ai jamais voulu. On m’a demandé de le présenter, je n’ai jamais voulu. Ça ne m’intéresse pas ! Mais je vais vous dire pourquoi. Il y a des compétitions partout. Le capitalisme est la compétition. L'écrasement de la planète, c'est de la compétition. Le boulot aussi. Les êtres entre eux font de la compétition. Mais il y a un endroit magique, qui s’appelle le geste théâtral ou le geste de cinéma, où là on n’est pas meilleur qu’un autre. Parce que si on est meilleur qu’un autre, c’est que l’on est dans un numéro. Être un acteur après 60 ans, c’est quand même disparaître derrière le personnage », dit-il.

« Je n’irai pas, nommé ou pas nommé, ça ne m’intéresse pas. S’il y avait les meilleurs acteurs en compétition, pourrait-on seulement dire un de leurs noms ? Il n’y a pas de meilleur. […] On n’est pas le meilleur quand on fait notre métier. Notre métier, c’est l’ambition de disparaître », confie-t-il avant de faire un appel à ceux qui l’écoutent : « Ne nous mettez pas en compétition. La compétition, c’est la société capitaliste, la société actuelle. Pas l’art ! ».

 
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