Confinés chez eux à cause du coronavirus, les Italiens sortent sur leur balcon pour chanter (vidéos)

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Le temps est long pour les Italiens actuellement placés en quarantaine pour endiguer l'épidémie de coronavirus. Privés de sortie, de café ou encore de restaurant, ils sortent tout de même sur leur balcon ou à leur fenêtre pour chanter et jouer de la musique. L'appel avait été lancé pour 18 heures ce vendredi 13 mars, pour que chacun use de ses cordes vocales afin que « pendant quelques minutes, le pays ne soit qu'un immense concert ». Et ils ont répondu présents, entonnant ici de la variété, là l'hymne national Fratelli d'Italia, en couple ou enfant dans les bras, sourire aux lèvres ou doigt tendu vers les voisins parfois. À Trastevere, des riverains avaient choisi une chanson de variétés des années 1990, « Grazie Roma » : « Dis-moi ce qui nous fait sentir être amis même si nous ne nous connaissons pas », « ce qui nous fait sentir être ensemble même si nous sommes loin ». D'une fenêtre du même quartier romain d'ordinaire dédié à la fête s'échappent quelques notes hésitantes de « Summertime », de Gershwin.

Sur les réseaux sociaux, le rendez-vous est déjà pris pour ce samedi, même heure mêmes balcons. Et ce devrait être « Azzurro » d'Adriano Celentano qui devrait descendre des fenêtres des villes italiennes. Sur les réseaux sociaux fleurissent depuis quelques jours des vidéos, filmées dans toute l'Italie, d'Italiens décidés à continuer à chanter malgré le bilan chaque jour plus lourd de la pandémie de coronavirus, qui a tué près de 1 300 d'entre eux, 250 vendredi encore selon le dernier bilan. Dans une de ces vidéos, filmée à Sienne en Toscane (Centre-Ouest), vue des centaines de milliers de fois sur Twitter, des résidents entonnent le traditionnel « Canto della Verbena », ponctué d'un tonitruant « Vive Sienne ! ». Sur son compte Instagram, le chanteur Andrea Sannino a posté une compilation de Napolitains reprenant depuis leur fenêtre son morceau « Abbracciame », les remerciant : « Un jour, je raconterai cela à mes enfants et à mes petits-enfants », « Merci de me faire pleurer à gros sanglots ».

À Turin (Nord-Ouest), des habitants sont filmés en train de s'essayer à une Macarena, cette danse de groupe des années 1990. Tous les événements culturels ont été suspendus. Mais des artistes ont promis des concerts virtuels, et des musées, comme les Offices de Florence ou le Guggenheim de Venise, ont mis leur collection en ligne, tout comme l'exposition-phare sur Raphaël à Rome. Répondant à une autre initiative très partagée sur les réseaux sociaux, des Italiens affichent sur leur domicile des dessins d'arc-en-ciel, accompagnés de cette phrase « Tutto andra bene ! » (« Tout ira bien ! »).

 
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