Coline Berry qualifie la plainte contre son père de «nécessité presque vitale» (vidéo)

Coline Berry qualifie la plainte contre son père de «nécessité presque vitale» (vidéo)
BelgaImage

Ce jeudi, Coline Berry-Rojtman était l’invitée du plateau de BFMTV pour évoquer pour la première fois à la télévision l’accusation d’inceste qu’elle porte contre son père, Richard Berry. Elle a expliqué le sens de sa démarche et le cheminement qui l’a amenée à porter l’affaire en justice, après avoir réussi à parler publiquement du traumatisme de son enfance.

Une prise de conscience très progressive

Coline Berry évoque d’abord le « chemin très long » pour que l’enfant qu’elle était à l’époque se rende compte de ce qu’elle subissait. « On prend progressivement conscience de tout, on n'a pas envie de faire de la peine. Même en étant victime, j'ai essayé de protéger mon père », dit-elle.

Elle explique ensuite à quel point il était difficile pour elle à l’époque de s’opposer aux jeux sexuels qu’elle attribue à Richard Berry et Jeane Manson, sa compagne de l’époque : « Je n'aime pas faire ça, mais je ne comprends pas la gravité. Je comprends que c'est interdit quelques années après. J'en mesure la gravité avec la première psychologue que j'avais vue. Je n'avais pas posé le mot d'inceste, c'est elle qui m'a dit que c'était grave ».

« Par peur », elle n’ose d’abord rien dire. Lorsqu’elle avait 10 ans, elle a pu dénoncer le comportement violent que son père aurait eu envers sa mère, mais pas un quelconque crime d’inceste. « J'avais besoin de son amour comme n'importe quel enfant", poursuit-elle. "Je ne nie pas que j'ai eu des moments heureux, de la même façon que je l'aime ». Ce n’est que plus tard que les langues commencent à se délier au sein de la famille selon elle. « Ça a mis tant d'années à être mis sur le devant de la scène, mais moi j'en ai parlé très tôt » affirme-t-elle en assurant que beaucoup de membres de sa famille « se souviennent de choses, des comportements tellement déviants qu'eux-mêmes en avaient été choqués à l'époque ».

Quand le moment de la confrontation est arrivé

« La folie destructrice, c'est ce qu'il a fait, il a détruit des enfants », dit-elle désormais en évoquant « un sentiment de se libérer » et « une nécessité presque vitale » d’en parler, sans chercher l’attention médiatique. « Sans doute je détruis son image mais la vérité n'est pas quelque chose de destructeur, la vérité permet de se reconstruire », poursuit-elle. Elle affirme qu’elle a porté plainte qu’après qu’elle ait tenté de confronter son père qui « dans des échanges ne nie pas, mais dans lesquels il s'excuse ». « C'est revivre encore pas mal de choses, quand on se raconte, c’est éprouvant. Ce sont des images, des souvenirs, des sensations, des choses douloureuses qui ne m'ont jamais quittées, mais là elles étaient plus vives », conclut-elle en évoquant son interrogatoire par la police.

Le mois passé, Richard Berry s’était défendu des accusations portées à son encontre. « Je démens de toutes mes forces et sans ambiguïté ces accusations immondes. Je n’ai jamais eu de relations déplacées ou incestueuses avec Coline, ni avec aucun de mes enfants », disait-il. « Son récit a évolué avec le temps. Il a été démenti, renouvelé et enrichi par elle au gré des interlocuteurs ou de l’actualité. Pendant des années, j’ai tenté de lui parler (…) sans succès. Je m’en suis ouvert à des psychiatres, à ma famille, à mes amis », ajoutait-il il y a un mois.

 
Signé duBus
Signé Stéphane Bern
  • Ces instants où tout bascule

    Julien SANDREL copyright Bruno Levy

    Julien Sandrel publie un nouveau roman solaire. Pour lui, pas de doutes, « les petits bonheurs du quotidien sont plus importants que tout ».