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25 ans après l’affaire Dutroux, le père de Melissa se confie: «on m'a pris pour un idiot» (vidéo)

Gino Russo dénonce toujours les dysfonctionnements de la justice et de l’Etat belge qui suscitent toujours chez lui de la colère.

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Ce mercredi, l’émission Déclic de La Première accueillait sur son plateau Gino Russo, père de Melissa, retrouvée morte le 17 août 1996 à Sars-la-Buissière après avoir été enlevée un an plus tôt avec son amie Julie. Pendant près d’un quart d’heure, il a passé en revue les 25 années passées depuis et manifeste toujours une colère envers les institutions belges.

« Comment peut-on faire son deuil quand on sait que votre fille aurait pu être sauvée ? »

« Moi, vous savez, je me sentais comme ceux qui ont récemment passé 24 heures sur le toit de leur maison, entourés d’eau et que personne ne venait aider… », témoigne Gino Russo. Celui qui se décrit comme « anarchiste » regrette qu’une place « trop » importante soit accordée à la communication lors d’affaires de ce genre. « Les choses auraient été différentes si on avait su, depuis le début, 14 mois plutôt, que Dutroux était l’un des principaux suspects et qu’il avait été libéré sous condition par le ministre de la Justice de l’époque, Melchior Wathelet […] Cela a changé mon attitude », assure le père de Melissa. En 2004, par opposition à « la manière dont l’instruction avait été faite », il ne s’est pas rendu au procès.

« Je n’ai pas pu faire mon deuil après ce 17 août. Je suis entré dans un tourbillon de conflits pendant des années car il n’était pas facile de critiquer un système auquel tout le monde croyait », témoigne Gino Russo. « Comment peut-on faire [son deuil] quand on sait que votre fille aurait pu être sauvée  ? », demande-il. « J’ai pu traverser ces années car j’ai l’impression qu’on me prenait pour un idiot et cela me permettait de faire passer mes messages. Je n’étais pas formaté ‘universitaire’, je venais de la classe populaire et on ne savait pas me maîtriser. J’ai senti qu’on me prenait pour un idiot alors que ma seule priorité, c’était qu’on retrouve ma fille et Julie vivantes. Notre force a été portée par cette urgence ». Il ajoute enfin que « psychologiquement, quand il vous arrive une histoire aussi dure, la solution est de tout casser et de passer à autre chose ».

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