Marc Ysaye et ses grands classiques du rock: «Dear Prudence», Siouxsie and the Banshees (1983)
Cette semaine, Marc Ysaye évoque un titre rock devenu culte : « Dear Prudence », Siouxsie and the Banshees (1983).
Siouxsie Sioux, la légendaire chanteuse de Siouxsie and the Banshees, née d’une mère anglaise et d’un père… belge wallon, qui se sont rencontrés au Congo belge, est devenue un des emblèmes des mouvements punk et rock gothique dès la fin des années 1970.
Les photos prises par Pete Hill en 1978 au Limit Club de Sheffield capturent un moment déterminant de l’histoire du punk. Quelque part entre le Velvet Underground et Can, Siouxsie, avec sa présence scénique féroce, son esthétique sombre à la fois sensuelle et agressive, et sa voix puissante, était à l’avant-garde d’un mouvement qui cherchait à se libérer des normes de la musique dominante. 1977, c’est l’époque des T-shirts où on pouvait lire « I hate Pink Floyd » ou « I’m so glad Elvis is dead »…
Cela dit, Siouxsie and the Banshees proposera des choses très intéressantes musicalement parlant qui distingueront le groupe des autres groupes punk ou déjà post-punk. Des titres comme « Hong Kong Garden », « Cities in dust », « Peek a boo » et « Happy House » peuvent en témoigner.
Une icône du punk
Sur certaines photos, Siouxsie immortalise une époque où le punk évoluait rapidement vers quelque chose de nouveau, plus théâtral, plus introspectif, plus influent et surtout plus intelligent. Alors que Siouxsie and the Banshees repoussait les limites de sa musique, avec un son assez original, le groupe a rapidement trouvé un écho auprès des fans qui recherchaient justement ce quelque chose de différent et de moins radical.
Son plus grand succès restera toutefois sa reprise des Beatles, « Dear Prudence », que l’on trouvait sur le « Double Blanc » en 1968. Un titre écrit par John Lennon à propos de Prudence Farrow, la sœur de Mia Farrow, pendant leur séjour en Inde avec le Maharishi Mahesh Yogi, Donovan et Mike Love, durant lequel les deux sœurs résidaient également avec les Beatles.
Lennon fut particulièrement touché par le fait que la jeune Prudence restait cloîtrée dans sa chambre sans jamais vouloir en sortir… À propos de Prudence Farrow, apparemment victime d’attouchements du Maharishi, Lennon écrira « Sexy Sadie » à l’adresse du vieux sage…
L’impact de Siouxsie Sioux sur la scène musicale à la fin des années 1970 ne doit pas être sous-estimé. À une époque où la scène punk rock était dominée par une énergie brute et rebelle, Siouxsie and the Banshees apportait un élément de sophistication et de théâtralité au genre. Leur musique mélangeait l’esprit anarchique du punk avec des éléments de « Art Rock » (à ne pas confondre avec le hard rock !), créant un son à la fois expérimental et accessible. Les performances live, comme celle du Limit Club de Sheffield, étaient légendaires pour leur intensité et leur énergie brute.
Sorte de représentation d’un changement culturel, les Siouxsie and the Banshees faisaient partie d’une vague de groupes qui rejetaient l’industrie musicale traditionnelle et adoptaient une philosophie « DIY » (Do It Yourself). Dans la foulée, Siouxsie posera également les jalons du mouvement gothique.










