Dans un billet au vitriol sur les César, Frédéric Beigbeder dézingue Adèle Haenel et une Florence Foresti «écœurante» (vidéo)

Capture d’écran - Twitter
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La vidéo de son intervention culmine au-delà des 330.000 vues sur Twitter. Qu’on aime ou qu’on déteste – la personne ou ce qu’il dit dans ce billet –, force est de constater que Frédéric Beigbeder a marqué les esprits. Invité dans l’émission « L’Équipée sauve », sur Europe 1, l’auteur de « L’homme qui pleure de rire » – une satire des dérives de notre société de divertissement comme le renseigne l’éditeur Grasset – attaque.

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Dans son viseur : Adèle Haenel mais surtout Florence Foresti. Depuis la cérémonie controversée des César qui a eu lieu le vendredi 28 février, les réactions des deux femmes ont fait couler beaucoup d’encre. Certains les soutiennent fermement, d’autres moins. Frédéric Beigbeder se classe définitivement dans la seconde catégorie, lui qui prend la défense de Roman Polanski, élu meilleur réalisateur de cette 45e édition des César pour « J’Accuse » et accusé, justement, de plusieurs agressions sexuelles. L’écrivain dénonce une « meute de hyènes en roue libre ».

« Je pense que je peux être sincère »

Le billet est féroce, comme le pointe le Huffington Post  : « Une soirée qui devait être un hommage au cinéma est devenue un festival de stand-up pitoyable. Cette pauvre Florence Foresti (…) se prend désormais pour une grande intellectuelle obligée de dispenser son opinion sur le bien et le mal (…) Elle ne connaît rien au cinéma ni au droit pénal ». Punchline à la clé : « Elle se dit écœurée. elle est écœurante ».

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Comme le titre de l’article l’indique, l’écrivain n’avait pas que Florence Foresti en guise de cible. Adèle Haenel en a aussi pris pour son grade. Il regrette que l’actrice « s’improvise juge », alors que « le tribunal fédéral suisse a jugé que Polanski avait purgé sa peine ». Puis d’invoquer « l’injustice de l’affaire Dreyfus », survenue il y a 122 ans et sujet du film du réalisateur de 86 ans : « Florence Foresti condamne 50 ans après les faits, considère que de nouvelles accusations prescrites et non prouvées suffisent à juger un homme sans avocat. Elle reproduit la tragédie que raconte Polanski ».

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Publiée sur les réseaux sociaux où elle cartonne, la séquence a bien sûr collectionné les réactions. Si certains auraient aimé avoir mis les mêmes mots que Frédéric Beigbeder sur la polémique – comme l’humoriste Stéphane Guillon -, d’autres sont scandalisés par les propos de l’écrivain qui s’attend par ailleurs à ce que « sa tête soit mise à prix après ça ». Mais il « s’en fout », n’étant pas sur les réseaux sociaux : « Donc je pense que je peux être sincère ».

L’affaire Matzneff, comme un boomerang

Dans cette affaire, certains pointent notamment les accointances de Frédéric Beigbeder avec un autre homme qui n’a jamais caché son attirance pour les mineurs : Gabriel Matzneff. Pour rappel, cet écrivain français a récemment fait l’objet de nombreuses critiques après que ses écrits pédophiles ont refait irruption sur le devant de la scène et qu’une de ses victimes a écrit un livre – « Le Consentement » de Vanessa Springora – sur la question. « Va rejoindre ton pote Matzneff », écrit la militante féministe Karine Plassard, qui tacle :

« Votre temps à toi et à tes congénères est fini… Vous pouvez cracher autant que vous voulez votre fiel pitoyable, nous serons là toujours pour dénoncer les violeurs et ceux qui les défendent comme toi ».

Même son de cloche chez d’autres internautes qui évoquent à nouveau Gabriel Matzneff, par ailleurs visé par une enquête pour « viol sur mineur ». La fondatrice du collectif Abandon de Famille – Tolérance Zéro !, Stéphanie Lamy, a surenchéri, comme l’épingle le Huffington Post : « Frédéric Beigbeder fut l’un des cadres de l’association ‘les amis de Matzneff’. Son point de vue sur celles et ceux qui dénoncent les pédocriminels me semble donc nul et non avenu, et de l’inviter pour s’exprimer totalement à côté de la plaque ».

Texte préparé, toujours aussi raté ?

L’animateur de l’émission d’Europe 1, à la fin du billet de Frédéric Beigbeder, évoque une « belle chronique », « mais qui n’engage que vous ». Matthieu Noël poursuit : « Il y a des éléments que je trouve justes dans ce que vous dites. Néanmoins, on ne peut peut-être pas ne pas se soucier de la douleur des femmes. Et je suis sûr que si vous continuiez à parler là, vous évoqueriez Adèle Haenel ». À l’autre bout de la table, Frédéric Beigbeder acquiesce et lâche un « bien sûr » convenu.

Sur les réseaux sociaux, d’autres ont fait un parallèle entre cette chronique et sa fin de parcours sur France Inter. En novembre 2018, il avait quitté l’antenne de la radio du service public après une chronique ratée. Une animatrice d’Europe 1 est même montée au créneau à ce sujet sur Twitter. Émilie Mazoyer écrit : « Ah ben vous voyez les amis – Laurence Bloch et France Inter –, en fait même quand il prépare il est mauvais ».

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Une déclaration qui fait écho à l’interview de Laurence Bloch, la patronne de France Inter, dans le récent Society : « C’est dommage, c’est un mec extraordinairement cultivé, intelligent, mais il ne bosse pas ». « Il a fait une chronique merdique », dit-elle au sujet de sa dernière prestation sur France Inter. Reste à savoir ce que Laurence Bloch utiliserait comme adjectif pour décrire celle proposée sur Europe 1 ce jeudi 5 mars.

 
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