Une journaliste forcée d’interrompre son direct car menacée par les feux de forêt en Turquie (vidéo)

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Capture d’écran Youtube

La Turquie fait face aux pires incendies de son histoire récente et le feu continue de dévorer les forêts de la très touristique côte entre Bodrum et Antalya, au sud-ouest du pays. Pour rendre compte de cette catastrophe, la journaliste Alex Crawford s’est rendue sur place. Mais alors qu’elle réalise un direct pour Sky News, elle se rend progressivement compte qu’elle s’est fourrée dans un sale pétrin, le danger devenant de plus en plus important.

« Nous allons devoir interrompre ce direct »

La reporter se trouve alors à proximité de Bodrum (l’ancienne Halicarnasse), sur un col de montagne qui surplombe la mer. Pour montrer le désastre, elle s’approche au plus près des flammes. De l’herbe prend même feu non loin de ses pieds, alors que la falaise qui la surplombe est un gigantesque brasier. Une attitude très imprudente au vu de la rapidité de progression des feux de forêt, surtout vu les forts vents qu’il y avait à cet endroit.

Mais pendant près de deux minutes, la journaliste ne se rend pas compte de ce qu’elle risque. Elle débite son reportage presque comme si de rien n’était. Ce n’est qu’au bout de ce laps de temps qu’elle voit que l’incendie se met à encercler son équipe : « Peut-être devrions-nous penser à avancer... [L’incendie] progresse à toute allure. Si vous regardez en bas, c’est le chemin que nous prenons et nous ne voulons pas être bloqués ». Puis en l’espace d’une seconde, sa voix se serre lorsqu’elle se rend compte que le feu prend encore plus d’ampleur. « Regardez les flammes », dit-elle, paniquée cette fois-ci. « Je pense que nous allons devoir interrompre ce direct et revenir dans quelques minutes lorsque nous serons dans un endroit un peu plus sûr », conclut-elle avant de courir vers sa voiture.

Pour l’instant, la Turquie déplore huit morts suite aux plus de 130 feux de forêt qui constellent son territoire, surtout au sud-ouest. Sept étaient toujours actifs lundi, dont un menaçant une centrale thermique à Milas, près de Bodrum. Des touristes ont dû être évacués de plusieurs villes, comme à Bodrum et Marmaris. Le gouvernement turc est notamment accusé d’avoir refusé pendant longtemps l’arrivée d’une aide européenne et d’avoir annoncé l’envoi de canadairs qui sont en réalité restés cloués au sol. Face aux critiques, le président a rejeté la faute sur le parti kurde PKK, accusé d’avoir démarré les incendies. Une hypothèse peu probable, surtout vu l’ampleur du drame. Des partis d’opposition ont accusé Recep Tayyip Erdoğan de relayer des « théories conspirationnistes ».